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Des boulangers au pays de Burada…

Lors de notre périple, nous avons parcouru de trèèèèès nombreux kilomètres (plus de 4500, sans l’avion) et rencontré beaucoup de monde. L’hospitalité n’est pas un vain mot dans ce pays, comme le précédent billet le soulignait déjà. Oui, mais quel pays?

La question se pose, et je ne prétends pas y répondre. Pour faire court, après la chute de l’empire ottoman, le traité de Sèvres (1920) prévoyait la création d’un état kurde. Mais dès 1923, le traité de Lausanne, à l’origine de la création de nombreux pays du Moyen-Orient, laisse de côté les aspirations des Kurdes en préférant miser sur la jeune république turque qui se constituait alors. Le XXe siècle a été ponctué par les revendications, pas toujours pacifiques, voire terroristes, des Kurdes à l’existence d’un état indépendant ou autonome (c’est ce qui existe en Irak) ou, tout simplement, à la reconnaissance d’une culture (et d’une langue) kurde. De fait, jusqu’à très récemment, la langue kurde n’était pas autorisée en Turquie et une très large part de la population n’avait donc par exemple pas accès aux media.

Nous avons pu constater combien les sentiments de la population kurde vis-à-vis de la Turquie pouvait être variés dans la région. C’est ainsi qu’à Bitlis, à l’Ouest du lac de Van, nous avons assisté à une conversation mémorable. Un homme nous explique qu’ici, nous sommes au Kurdistan, qu’il est kurde, que son voisin est kurde, que le voisin de son voisin est kurde… Voisin du voisin qui lui répond que non, lui, il est turc. La suite (en turc) donne en substance:

– Mais non, tu es kurde!

– Bah, non, je suis né en Turquie, je suis turc.

– Tu fais ch… T’es kurde: tes parents sont kurdes, tu parles le kurde…

– Je suis de culture kurde, mais je suis turc.

– Espèce de néo-nazi! (se tournant vers nous et le désignant du doigt) C’est un néo-nazi!

(Nous regardons le bout de nos pieds)

(le même, reprenant) sale néo-nazi!

– communiste, maoïste!

Et moi de vanter alors, en turc (sommaire), la beauté des lieux et du temps…

– Bitlis çok, çok güzel! Hem de Bugün sicak… Burada çok güzel!

Et tout le monde d’éclater de rire…

Le mot est sorti: « Burada » (ici). Cela a été notre mot-clef du voyage, pour désigner le pays où nous voyagions, lorsqu’on nous demandait si on aimait notre voyage, si c’était beau. Ne sachant pas à qui nous parlions – un Turc? un Kurde militant? un Kurde « intégré »? – nous ne prenions pas de risque… Oh oui, ici, c’est très beau. Et les gens sont très gentils!

Donc, au pays de Burada, les gens sont très gentils. En particulier (mais pas seulement), les boulangers sont extraordinaires. Je ne compte pas le nombre de fois où, passant devant un firini (ce sont en fait des i sans point: prononcer » feu(re)uneu »), un four, nous sommes repartis avec un pain tout chaud, sans avoir rien demandé – parfois, même, sans nous être initialement arrêtés. Ou bien, comme à Diyardakir (le deuxième i est encore sans point), où nous allons acheter du pain (cela nous arrivait, parfois) et où nous repartons sans avoir rien déboursé. « C’est pour nous », disent-il, en s’inclinant légèrement, la main sur le coeur. Des boulangers  (kurdes) de Diyarbakir (la ville a été connue, dans les années 90, particulièrement sanglantes, comme étant le fief du PKK) ont même fait mieux: lors de notre second passage, avant de prendre un bus de nuit vers Erzurum, nous avons même été nourris, et de façon royale! Thé, délicieux caviar d’aubergine chaud et pain lui aussi sorti du four. Nous n’avons pas tout de suite compris ce qui nous arrivait. Et quand nous avons malgré tout voulu leur acheter un pain, pour le voyage, le pain brûlant, tout juste sorti du four, nous a été une nouvelle fois offert (S’en est quand même suivi une séance photos).

Avec une telle générosité, nous nous sommes régulièrement trouvés avec des restes de pain durci. Nous n’avons pas eu le coeur de le jeter. Nous l’avons rapporté en France pour en faire… du pudding.

Pudding aux fruits secs

  • 150g de pain dur
  • 1/2 L de lait
  • 2 oeufs
  • 50g de sucre intégral (le sucre normal fonctionne très bien aussi)
  • 2 bonnes poignées d’amandes coupées en 3-4 morceaux
  • 2 bonnes poignées de raisins secs bien nettoyés et mis à gonfler dans du rhum
  • 3 cuillers à soupe de gingembre confit coupé en petits morceaux

Coupez (tant bien que mal) le pain du en petits morceaux (dans la mesure du possible). Versez le lait bien chaud sur le pain et laissez gonfler, jusqu’à ce que le pain se délite (y aller à la main si nécessaire)., pour obtenir un mélange homogène et pâteux. Selon le type de pain utilisé, il faut laisser tremper plus ou moins longtemps (plus le pain est blanc, plus c’est rapide). Ajoutez le sucre et les oeufs, puis les fruits secs (et le rhum restant!). Versez dans un moule (je le prends assez petit car nous aimons le pudding épais, à la maison) et enfournez à 180° (à four chaud) pour une quarantaine de minutes.

Photos… Vous savez!

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Régression enfantine

Je l’avoue, je vous laisse sur votre faim – enfin, ceux qui viennent encore ici. Si je ne prends pas le temps de mettre à jour ce blog (et c’est très mal, je sais), c’est que je ne prends plus trop la peine de photographier mes essais culinaires et surtout, que je ne suis presque plus chez moi. En effet, ces derniers moins, les cours, les réunions et les colloques me prennent tout mon temps, d’autant que ces dernières semaines, une certaine campagne de recrutement m’a pris beaucoup d’énergie (un peu du genre de celle de Pandore).

Mais heureusement, j’habite dans une ville assez bourgeoise qui a un merveilleux système de collecte des encombrants. C’est ainsi qu’il y a quelques mois, alors que je me rendais à la chorale, je suis devenue l’heureuse propriétaire d’un gaufrier de très bonne qualité et en parfait état, quoique datant du milieu des années 1980 (le papier de garantie était encore dans le boîte!). Et depuis, certains dimanches, nous prenons un grand plaisir à nous baffrer déguster des gaufres maison.

Gaufres maison:

Pour une douzaine de gaufres:

  • 2 oeufs
  • 300g de farine T80
  • 50g de sucre en poudre (je mets du sucre complet très brun: le sucre de canne encore humide qu’on trouve en magasin bio)
  • 75g de beurre (salé)
  • 1/2L de lait demi-écrémé
  • 1/2 sachet de levure chimique ou de poudre à lever
  • 1 cuiller à soupe d’eau de fleur d’oranger (facultatif)

Mettez la farine dans un saladier, faites-y un puit et ajoutez le sucre, le beurre fondu et les jaunes d’oeufs. Mélangez avec une cuiller en bois, puis mouillez progressivement avec du lait. Finissez au batteur afin d’obtenir une pâte bien lisse et relativement liquide. Ajoutez l’eau de fleur d’oranger et la levure. Montez les blancs en neige et incorporez-les à l’appareil.

Préchauffez le gaufrier (pour ma part, je huile légèrement les plaques). Quand le voyant du thermostat signale qu’e la température est bonne, versez une louche de pâte (pour deux gaufres rectangulaires), étalez bien sur les plaques puis refermez l’appareil. Retournez-le immédiatement et laissez cuire pendant 2 ou 3 minutes, selon l’appareil. Retournez l’appareil et laissez de nouveau cuire 2-3 minutes. C’est prêt!

Avec juste un peu de sucre glace (à base de sucre de canne), c’est divin!

En général, je fais le maximum de gaufres que je stocke ensuite au frais dans un plat recouvert d’un torchon. Je n’ai qu’à les passer rapidement dans le gaufrier à une température moindre ou au four pour avoir des gaufres chaudes (par exemple, le matin!). Si on les fait réchauffer au four, on peut y déposer des morceaux de chocolat qui fondent ainsi sur la gaufre…

Quant à la photo, elle est encore dans l’appareil (pas le gaufrier, hein?)!

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Je suis de retour (jusqu’à la prochaine fois…)

Chers lecteurs qui n’avez pas déserté ce blog,

J’ai un peu complètement disparu ces derniers temps. Non que je n’aie pas cuisiné, ni lu d’autres blogs culinaires… Alors oui, j’ai déserté. Je vous explique.

L’an dernier, je n’ai cessé de chercher des excuses à mon silence, en me cachant derrière ma thèse, en me disant qu’après, j’aurais plus de temps. J’ai fini par rendre ma thèse, et même par la soutenir. J’ai même obtenu un nouveau poste d’un an à la fac, un peu plus loin – en m’éloignant encore un peu plus de la maison. Tout se passe bien, là-bas… mais voilà, j’y suis la moitié de la semaine (j’en profite pour partager mes gâteaux sur place, sinon je ne serais pas moi-même…) et quand je rentre, je suis un chouia fatiguée et surtout, je dois reprendre en main la maison, laissée au bon soin de mon cher et tendre époux qui n’a rien d’une fée du logis (même si je l’entends déjà pester à la lecture de ce billet). Pis, je dois préparer mes cours et continuer la recherche (en particulier, publier ma thèse, et c’est du boulot!).

Cet hiver, parmi les douceurs emportées dans ma nouvelle fac d’adoption et partagées avec les collègues qui ne tiennent pas trop à leur ligne (mais c’est toujours mieux que de l’industriel, hein? D’ailleurs, il paraît que j’ai minci…), le pain d’épices de madame super-plus. La recette de base est prise dans le très bon Chocolat et Zucchini de Clothilde Dusoulier (mon cadeau d’anniversaire de l’an dernier, quand je suais sang et eau sur mon manuscrit de thèse…). J’ai un peu adapté en optant pour moitié farine de seigle, moitié farine de blé et ajouté des fruits secs. Comme j’aime bien ce qui a un goût très prononcé, je ne lésine pas sur le gingembre, mais pour accompagner un foie gras aux figues, comme nous l’avons fait pour le nouvel an, la dose de quatre-épices, sans fruits confits et fruits secs, est préférable.

Pain d’épices réconfortant, à partager au boulot et à la bibliothèque:

(à préparer au moins 24h à l’avance)

  • 350 mL de lait
  • 4 cuillers à soupe de miel de châtaignier
  • 2 cuillers à soupe de mélasse
  • 120g de farine de blé bise (T 80)
  • 120g de farine de seigle
  • 2 cuillers à café de levure chimique
  • 1 cuiller à café de bicarbonate de soude (pas plus, sinon, ce sera un peu amer)
  • 2 cuillers à café de quatre-épices
  • 1 cuiller à café de cannelle moulue
  • 1 cuiller à café de gingembre en poudre
  • 4 cuillers à soupe de gingembre confit et d’écorces d’orange confites coupés en petits cubes
  • 2 poignées d’amandes en morceaux grossiers (pas entières, pas en poudre: on peut écraser des amandes sous un verre par exemple). Des noisettes, cela marche bien aussi
  • et pour le plaisir, des morceaux de dattes par exemple, en option et en fonction des envies (en même temps, le reste aussi!)

Dans une casserole, faire fondre le miel et la mélasse dans le lait, à feu doux. Pendant ce temps, mélanger les farines, les épices, la levure et le bicarbonate de soude. Laissez un peu refroidir le mélange de lait, miel et mélasse et versez-le progressivement dans le mélange de farine, en battant bien. Vous obtenez une pâte assez liquide.

Ajoutez les morceaux de fruits confits roulés dans un peu de farine (pour qu’ils ne tombent pas tous au fond du pain d’épices) ainsi que les fruits secs.

Tapissez un moule à cake de papier sulfurisé et versez la pâte.

Enfournez dans le four préchauffé à 180°C, pendant une quarantaine de minutes, en surveillant de temps en temps (le pain d’épices est cuit quand une lame de couteau glissée etc, etc…).

Quand le pain est refroidi, emballez-le dans un torchon et cachez-le au moins jusqu’au lendemain.

Un jour, photo! (sinon, je ne pourrai décidément pas mettre ce blog à jour…)

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Promesse tenue: la mastérisation des concours de l’enseignement et une nouvelle version des croquants

Il était temps. Depuis le temps que je vous l’annonçais, je commence donc ma série d’explications sur les raisons du mouvement universitaire. Depuis le 2 février, l’Université est en grève, après avoir alerté pendant des mois des dangers aigus des contre-réformes que le gouvernement fait passer en force.

J’entends aujourd’hui le « le mouvement est fini » et, globalement, les media ne parlent désormais que d’un mouvement étudiant. Ah bon? Je croyais que cette année, pour la première fois, le mouvement était parti des enseignants-chercheurs. Et ils ne sont pas prêts d’abandonner, une fois les examens passés. D’ailleurs, avez-vous remarqué, les media traditionnels n’ont commencé à réellement parler du mouvement que lorsque la question des examens s’est posée? Cela faisait pourtant déjà trois mois que nos étudiants n’avaient plus cours…

Premier point:

La mastérisation des concours

Aujourd’hui, un futur enseignant doit avoir une licence (trois années après le baccalauréat). L’étudiant prépare pendant un an le concours du CAPES, qui comporte des épreuves disciplinaires variées et en nombre conséquent. S’il est lauréat, il bénéficie d’une formation alternée à l’IUFM en tant qu’élève professeur stagiaire. Cette formation rémunérée après le concours est fondamentale puisqu’elle permet au jeune enseignant d’apprendre son métier dans le cadre d’un service réduit avec un tuteur (1/3 d’un service normal) avec un support pédagogique. Au terme de ce parcours, le jeune enseignant a donc étudié cinq ans après le baccalauréat, mais toutes ces années ne sont pas reconnues.
La mastérisation prétend élever le niveau de recrutement au niveau master (bac+5).  Or, c’est déjà le cas: il suffirait de reconnaître que les années de préparation au concours et de formation correspondent à un master. La mastérisation affaiblit malheureusement le niveau et la formation des futurs enseignants. Lors de la première année de master, l’étudiant doit mener un travail de recherche affaibli (bien inférieur au travail de master 1 actuel) ; préparer un concours (sur le contenu duquel je reviendrai) ; trouver un bout de stage. Le concours intervient au début de la deuxième année de master. On s’en doute, à courir après trois lièvres à la fois, on ne fait rien de bien. Le concours est lui-même fort affaibli puisque le nombre d’épreuves est considérablement réduit, la part disciplinaire est réduite à une peau de chagrin au profit d’épreuves théoriques sur la connaissance du monde éducatif (très idéologique). Nous arrivons à un concours aberrant, puisqu’un futur professeur d’anglais n’aura pas besoin de parler anglais à l’oral : l’épreuve de langue disparaît !

Les lauréats au concours n’auront enfin plus d’année de stage digne de ce nom et ils seront directement envoyés sur le terrain. L’enseignement est un métier qui s’apprend. Nos enfants seront donc directement victimes de cette absence de formation et de cette probable incompétence disciplinaire.

Par ailleurs, quid des étudiants inscrits en master enseignement mais qui échouent au concours ? Ils seront remplaçants (et précaires) : n’étant pas fonctionnaires, ils pourront être embauchés à un salaire défiant toute concurrence – sinon celle des étudiants n’affichant que le baccalauréat et qui pourront également être embauchés comme enseignants, comme en témoignait dès cette année la page du rectorat de l’académie de Versailles ou d’Orléans ainsi que les témoignages de certaines UFR de l’Université de Tours, que le rectorat a directement sollicitées afin qu’elles fournissent les établissements scolaires en étudiants simplement inscrits en licence. Tenez, savez-vous que dès maintenant, des agences d’intérim proposent des emplois de professeur des écoles?

La réforme des lycée prévoit que l’Etat se désengage financièrement (comme pour l’Université)  Les chefs d’établissements devront donc trouver l’argent ailleurs. Et là où le Conseil Régional n’aura pas assez de fonds à avancer, comme dans les régions plus pauvres (je pense à ma Picardie, nouvelle patrie d’adoption), ce sera aux parents de payer! Et comme les chefs d’établissements recruteront les profs, ils prendront les moins chers , donc les moins qualifiés, dans les régions les plus pauvres. Des écoles pour les riches, des écoles pour les pauvres: tous les Français n’auront droit à pas la même éducation, ce qui est pourtant un principe républicain.

Et comme la négociation, la mobilisation et les grèves, cela ne compte pas, le gouvernement fait passer en force cette mastérisation qui devait finalement être préparée par une commission spécifique rendant ses conclusions à la mi-juillet… courant juin!

Conclusion : la mastérisation affaiblit lourdement le niveau des enseignants, la qualité de formation de nos enfants et met à mal l’égalité scolaire sur l’ensemble du territoire, qui est un principe républicain. En ce sens, les conséquences sociales peuvent être dramatiques, en ce qu’elle créera des ghettos scolaires, dans le cadre du désengagement financier de l’État tel qu’il a été annoncé. La réforme des lycées, rappelons-le, n’est repoussées que d’un an (et lancée en fait dès cette années dans certains lycées pilotes) : or, avec un baccalauréat qui ne sera plus un diplôme national et une formation des enseignants qui ne sera pas plus nationale (les jours du concours du CAPES sont comptés, afin de laisser la place à un master enseignement, c’est-à-dire à un diplôme propre à chaque université), c’est le fonds commun de notre éducation qui est mis à mal. Le corps social en France fonde sa cohérence sur une éducation commune à tous les citoyens : c’est sur ce principe que s’est bâtie la République. Toucher à ce principe, ce que font ces contre-réformes, c’est instaurer les conditions d’une situation sociale explosive, alors même que les banlieues sont déjà affectées par un lourd sentiment d’exclusion et que la violence y est quotidienne.

Dans cette lutte contre la mastérisation, qui par ailleurs met à mal la viabilité des masters recherche (et donc l’avenir de la recherche française: voir le prochain billet) et qui propose, sous prétexte non avoué d’économies, d’offrir à nos enfants des enseignants dont on n’aura pas vérifié les compétences et qui, pour certains, ne seront même plus professeurs, je vous propose une nouvelle version de mes croquants, dont je suis plutôt fière, afin de prendre des forces.

croquants aux pistaches et aux abricots secs

Croquants aux abricots et aux pistaches:

  • 3 oeufs
  • 150g de sucre
  • 400g de farine T 80 (ou autre!)
  • 4 bonnes poignées de pistaches non salées
  • 10 abricots secs (bios, c’est meilleur! Ils ne sont pas huilés et pas resucrés)

Mettez à gonfler les abricots secs dans de l’eau tiède pendant une dizaine de minutes.

Battez les oeufs et le sucre. Ajoutez la farine tamisée. Mélangez bien, afin d’obtenir une boule de pâte (qui peut être un peu collante, ce n’est pas grave). Ajoutez les abricots coupés en morceaux et les pistaches. Divisez la pâte en deux boules puis confectionnez deux boudins que vous disposez sur une plaque farinée. Enfournez à 180°C pendant environ une demi-heure. C’est prêt lorsque les boudins commencent à blondir.

Sortez alors du four puis, avec un bon couteau, coupez le boudin en tranches, laissez refroidir et stockez dans une boîte hermétique.

Une réserve d’énergie pour défendre l’école républicaine (vous êtes au courant des accords Vatican, entérinés par décret? A l’Ecole publique, nos enfants pourront recevoir des cours d’enseignants formés… par le Vatican. Quid de la laïcité?)

photo très vite!

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Les yoghourts militants

Le temps a passé: je peux enfin faire un bilan de ma production hebdomadaire de yoghourts, qui est un soutien efficace à l’action à laquelle ont dû se résoudre, depuis plus d’un mois, les enseignants-chercheurs et les chercheurs, rejoints depuis par les étudiants.

chaises piquantes

Chers lecteurs: malgré ce que prétendent les media, les rares fois où ils parlent de nous, rien n’est résolu. Aujourd’hui, dimanche 8 mars 2009, l’Université française est en grève depuis plus d’un mois. Après divers ultimatum (ultimata?), l’Université est en grève depuis le 2 février, date du début du second semestre dans la majorité des établissements français. Depuis donc 34 jours, nous suspendons les cours, manifestons toutes les semaines, organisons des lectures publiques de la Princesse de Clèves et autres horreurs culturelles. Depuis 34 jours, le gourvernement est proprement autiste, alors que pour la première fois de notre histoire, les enseignants-chercheurs et les chercheurs de tous les bords politiques, de la droite ultra-conservatrice à la gauche la plus militante, mènent un mouvement d’une ampleur inégalée.

Malgré les annonces du gouvernement, rien n’a été fait, aucune avancée n’a eu lieu: le gouvernement ne prétend négocier que sur un micro-point des revendications, qui sont par ailleurs très largement déformées. Il faut dire que pour le moment, le syndicat largement majoritaire, le Snesup, n’est pas de la partie: car la conception de la négociation et du dialogue nourrie par le gouvernement revient à rester sur ses positions et à « expliquer », ce qui est une fort mauvaise base de discussion. Par ailleurs, l’interlocuteur privilégié du ministère semble être la CPU (la Conférence des Président d’Universités) qui, rappelons-le, n’a aucun mandat représentatif puisque les présidents sont élus pour accomplir des tâches administratives et pour diriger l’Université. Bref, imaginez que dans le cadre d’un conflit social avec des travailleurs du privé, le gouvernement négocie avec le MEDEF et non avec les représentants du personnel! Enfin, le gouvernement s’obstine à tenir à l’écart les deux principales associations qui portent le mouvement depuis le début, Sauvons la Recherche et Sauvons l’Université. C’est gênant, non, surtout quand le gouvernement fait de fausses annonces!

tableau_gréviste

L'Enseignement Supérieur dans deux ans? Comme cette salle!

Rien, donc. Rien sur la « masterisation » qui détruit la formation des enseignants de la maternelle au secondaire, qui choisit de recruter les futurs enseignants non sur leurs compétences disciplinaires mais sur leur capacité à recracher l’idéologie ministérielle en matière de pédagogie et d’organigramme (cf. l’article de Pierre Dubois, Nathalie Vienne-Guérin et Sarah Hatchuel). Cette « materisation » qui nous promet, à terme, de mauvais enseignants, dont on n’aura pas vérifié les compétences, pour les pauvres (les riches auront toujours les écoles privées!). Cette masterisation qui nous propose, bientôt, la privatisation de l’Ecole républicaine.

chaises_grévistes

Désormais, c’est démissions en cascades, déménagement du mobilier de la fac (voici les exploits de mes étudiants lundi dernier, sur la photo ci-dessus – je n’ai vu le résultat que le lendemain. Pour cette semaine, l’appel vient de Grenoble) et actions en séries, tous les jours de la semaine quelque part en France (pour la semaine qui vient, voir le calendrier). C’est bizarre, les media n’en parlent pas beaucoup, alors qu’il se passe quelque chose tous les jours…

Et les yoghourts, dans tout cela, me direz-vous? Eh bien ils aident à faire le plein de calcium et à reprendre des forces pour tenir bon, car nous ne sommes pas prêts de céder. Ce sont nos enfants, dès les années à venir et pour plusieurs décennies, qui vont faire les frais de cette réforme hautement régressive: enseignants incompétents, aucune perspective d’ascension sociale pour les élèves, fermeture des études supérieures aux classes les moins favorisées (je pense en particulier à mes étudiants picards), précarisation des enseignants, et, même si je n’en ai pas parlé ici, sclérose et mort de la recherche.

Cela vous tente?

yoghourts_militants

Yoghourts anti-masterisation des concours de l’enseignement (et contre le reste de la réforme « Pécresse » aussi):

  • 1 L de lait entier
  • 1 yoghourt, de bonne qualité, bien ferme (du type de ceux qui sont vendus dans des pots en verre)
  • 1 cocotte-minute

Après de multiples essais, voici la méthode adoptée, que je réussis à tous les coups. Chouette!

Faites bouillir la moitié du lait (1/2 L) et retirez du feu. Ôtez la peau du lait, ajoutez l’autre demi-litre de lait, froid, et mélangez bien. Battez le yoghourt dans le lait, si possible avec un fouet en bois. Versez le mélange des des pots (je prends des grands pots, cela permet d’en mettre plus dans la cocotte).

Versez de l’eau bien chaude au fond de la cocotte, disposez-y les pots (il faut que l’eau monte assez haut). Fermez la cocotte et, pour bien conserver la chaleur, emballez la cocotte dans une couverture ou un châle en fourrure polaire ou que sais-je encore. Gardez dans un coin 8 ou 10 heures. Pour ma part, je les fais le soir et les garde au chaud toute la nuit. Le matin, mettez-les au réfrigérateur et laissez reposer au moins 2h (plus, c’est mieux). Avec le temps, ils se bonifient.

De manière générale, les yoghourts sont meilleurs à partir de la deuxième fournée (car bien sûr, vous réutilisez votre production pour les suivante!).

Mon petit plaisir est d’avoir des petits pots en verre avec un couvercle en caoutchouc (donc réutilisables): ainsi, je peux ajouter ma confiture maison, des grains de pollen ou tout autres bonnes choses au-dessus et emporter le tout au travail. Si ce n’est pas motivant, ensuite, de faire grève!

Au passage: comme mes collègues, j’ai beau faire grève, je viens toujours à la fac à mes heures de service. Je prends le train, rencontre mes étudiants, récupère leurs devoirs, leur en donne d’autres, réponds à leurs questions, etc… Faire grève n’a jamais signifié se tourner les pouces devant la télé.

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La malédiction du yoghourt: ça devient n’importe quoi!

Suite de mes « aventures yaourtières », comme les appelle Dorian…
Une étude comparée des résultats selon les types de pots employés m’avait amenée à considérer que tout cela n’était qu’une question de répartition de la chaleur: la mixture contenue dans les pots en terre ressemblait plus à du yoghourt que celle qui avait séjourné dans les pots en verre. Cela avait même franchement une tête, une texture et un goût de yoghourt. Le problème est qu’il n’y avait qu’un pot de ce type…

Troisième tentative :

J’ai donc décidé de mettre de l’eau très chaude au fond de ma casserole et de faire tenir, juste au-dessus, le panier de la cocotte avec les yoghourts dedans, histoire qu’ils ne touchent pas l’eau mais d’avoir une belle étuve. Pour la préparation de « la chose », j’ai suivi la même procédure que la fois précédente (50% de lait bouilli, 50% de lait à température ambiante, puis un yoghourt battu). J’ai bien refermé la cocotte et j’ai laissé reposer cinq heures. Cette fois-ci, c’est la bonne!

… ou pas…

Cinq heures après, la préparation était liquide.

J’ai repris les choses en main. L’eau contenue au fond de la cocotte avait complètement refroidi: c’était logique, donc, que les yoghourts ne prissent point (réflexe de prof de français…). Et là, c’est franchement devenu n’importe quoi.

N’im-por-te-quoi.

Tout ça, c’est visiblement un problème de conservation de la chaleur. J’ai par conséquent eu recours à des expédients extrêmes, à des danses vaudou et à des formules inouïes depuis de longs siècles.  Une drôle de bête est alors apparue sur ma cuisinière.

troisième essai de yoghourt version polaire

Vous le voyez, j’ai surtout eu recours à une arme de choc: le châle en fourrure polaire, enroulé autour d’une cocotte-minute remplie d’eau bien chaude dans laquelle sont plongés les pots de yoghourts.

A côté de cela, j’ai vidé la moitié des pots liquides dans une boîte isotherme de camping. La mixture n’était plus très chaude, mais j’ai déposé la boîte fermée dans un sac lui aussi isotherme (à fermeture éclair: les vrais de vrais!) avec, pour lui tenir compagnie… une bouillotte bien chaude! Histoire de comparer les résultats, je n’avais plus rien à perdre…

Résultat le lendemain matin: enfin quelque chose qui ressemble à du yoghourt! Alors, pas encore parfaits, certes, ils ont eu un peu chaud, cette fois, mais parfaitement mangeables, pas glaireux (mais pas parfaitement fermes encore). Enfin, ceux de la cocotte en tenue de ski ont eu chaud. Ceux de la boîte de camping aurait aimé avoir un peu plus chaud, ils étaient un peu liquides, mais parfaitement mangeables.

Quatrième tentative :

Les yoghourts ratés de la semaine précédentes dormaient au fond du réfrigérateur. L’un avait servi à deux pains, un autre à un gâteau. Et le reste s’ennuyait ferme. Je me suis dit qu’il était peut-être possible de les rattraper, malgré la visquosité de la bête… J’ai donc vidé mes pots, battu l’ensemble, réparti dans les pots, repassé à la cocotte, les pieds (et le corps) dans l’eau bouillante. J’ai emmitoufflé ma cocotte, et le lendemain matin… des yoghourts! Vi! Bon, pas mal de petit lait, de petites peaux, parfois un peu granuleux, mais globalement crémeux, un peu acides comme j’aime et… bons. Je tiens le bon bout!

La prochaine fois, c’est la bonne! J’y crois!

Photos très vite!

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C’est du yoghourt (ou pas) ! A l’aide !!!!

L’avantage de se marier, c’est que l’on fait une liste de mariage qui permet de recevoir quelques cadeaux utiles comme… la cocotte-minute! Très pratique pour cuire plein de bonnes choses vite, bien et bon… Sauf que la première chose à laquelle j’ai pensé, c’est que je pourrais faire… des yoghourts maison! Il y a quelques années, j’ai vu faire des yoghourts à la cocotte. Je les ai même goûtés: ils étaient, dans mon souvenir, fermes et meilleurs que ceux du commerce.

Pourquoi des yoghourts maison? Tout d’abord, nous en faisons une consommation délirante à la maison… et les pots en plastique ne sont pas recyclables. Ensuite, je n’ai pas confiance dans les ingrédients des yoghourts industriels. Enfin, notre marque habituelle est devenue aqueuse et beuarkh! Et les yoghourts encore bons sont franchement chers…

Première tentative:

Comme je vous l’annonçais dans mon précédent billet, je me suis lancée le week-end dernier dans l’aventure. Voici comment j’ai procédé: j’ai pris un litre de lait demi-écrémé bio, un yoghourt bio à date de péremption lointaine et j’ai suivi les conseils glanés sur la toile. Sauf que je n’ai pas de thermomètre… J’ai également renoncé au lait en poudre (pas bon, le lait en poudre! bouh! savez-vous comment cela s’obtient?)

J’ai donc fait bouillir mon lait, attendu qu’il refroidisse à environ 45°C (j’ai trempé mon doigt tout propre dans le lait au bout de vingt minutes et j’ai estimé une température « agréable » et « un peu plus chaude que le doigt »). Pendant ce temps, j’ai mis un peu d’eau dans ma cocotte et fait monter la pression. J’ai battu mon yoghourt dans le lait, versé la préparation dans les pots en verre, vidé l’eau de la cocotte, disposé mes pots, fermé la cocotte que j’ai laissée hors du feu pendant cinq heures.

Résultat: des yoghourts complètement liquides. Bon, me dis-je, ils doivent encore passer la nuit au réfrigérateur. Le lendemain matin… Yoghourts liquides et visqueux. Ratés! Grrrr…

L’un des pots a servi à faire le pain. Faut pas perdre!

deuxième essai de yoghourt

Deuxième tentative (hier):

J’ai cette fois-ci utilisé du lait entier et un yoghourt bio mais à 0% (beurk! mais ce n’est pas moi qui ai fait les courses). Je me suis dit que le problème de la dernière fois était peut-être lié à la température du lait, trop faible. J’ai donc changé de méthode et fait bouillir 1/2L de lait. J’ai mélangé le yoghourt à l’autre 1/2 L de lait. J’ai mélangé les deux parts de lait et versé la préparation dans les pots en verre. que j’ai disposés dans la cocotte, mise sous pression avec son fond d’eau, puis vidée et refermée.

Résultat: Au bout de cinq heures, mes yoghourts étaient aussi liquides que les précédents.

J’ai donc tenté de les rattraper (ce ne pouvait plus être une température trop basse, je craignais, pour le coup, qu’elle fût trop chaude). J’ai versé 1,5 L d’eau dans la cocotte. Pendant ce temps, j’ai fait chauffer la même quantité d’eau à la bouilloire et je l’ai ajoutée dans la cocotte. L’eau arrivait au tiers des pots. J’ai couvert et laissé reposer cinq autres heures et je suis partie chanter.

Resultat (bis): A mon retour… les yoghourts semblaient bien avoir pris. Youpi!!!!!!!

Résultat (ter): Ils passent la nuit au réfrigérateur, je goûte le matin. Le premier quart, à la surface, n’était pas mal du tout. Bonne texture, bon goût. La couche du dessous était en revanche toute visqueuse et vite écoeurante. Quant au fond du pot, un peu granuleux d’aspect mais pas au goût. Problème: le visqueux était toujours là! Beurk!

J’en appelle à vos conseils éclairés: quelqu’un(e) a-t-il/elle une idée de ce que je pourrais faire – sans avoir recours au lait en poudre, qui ne m’inspire décidément pas confiance? Pitié!!!! Je déteste perdre la nourriture et je ne sais plus quoi faire de ces demi-yoghourts visqueux! Je ne peux pas faire dix pains et autant de gâteaux au yoghourt! (en plus, moi pas avoir envie de gâteau au yoghourt en ce moment, je suis contrariante…).

Au secours!!!

PS: merci à Catherine de m’apporter des pots de verre avec couvercles pour que je puisse emmener les yoghourts maison à la BnF ou à la fac! Encore faut-il que je parvienne à mettre quelque chose de comestible là-dedans…

Mise à jour du 8 novembre: en fait, les résultats diffèrent selon le type de pot. Le résultat évoqué tient pour les pots en verre. En revanche, pour le pot en terre, la texture était bonne (type yoghourt brassé – ce que je ne préfère pas, hélas!) jusqu’au fond où, là, l’aspect granuleux était également présent. Je pense que c’est une partie qui a trop chauffé car plongée dans l’eau. Je vais donc tenter d’adapter la chaleur et sa répartition, naturellement meilleure dans un pot en terre que dans un pot en verre. La suite au prochain numéro…

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