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Des boulangers au pays de Burada…

Lors de notre périple, nous avons parcouru de trèèèèès nombreux kilomètres (plus de 4500, sans l’avion) et rencontré beaucoup de monde. L’hospitalité n’est pas un vain mot dans ce pays, comme le précédent billet le soulignait déjà. Oui, mais quel pays?

La question se pose, et je ne prétends pas y répondre. Pour faire court, après la chute de l’empire ottoman, le traité de Sèvres (1920) prévoyait la création d’un état kurde. Mais dès 1923, le traité de Lausanne, à l’origine de la création de nombreux pays du Moyen-Orient, laisse de côté les aspirations des Kurdes en préférant miser sur la jeune république turque qui se constituait alors. Le XXe siècle a été ponctué par les revendications, pas toujours pacifiques, voire terroristes, des Kurdes à l’existence d’un état indépendant ou autonome (c’est ce qui existe en Irak) ou, tout simplement, à la reconnaissance d’une culture (et d’une langue) kurde. De fait, jusqu’à très récemment, la langue kurde n’était pas autorisée en Turquie et une très large part de la population n’avait donc par exemple pas accès aux media.

Nous avons pu constater combien les sentiments de la population kurde vis-à-vis de la Turquie pouvait être variés dans la région. C’est ainsi qu’à Bitlis, à l’Ouest du lac de Van, nous avons assisté à une conversation mémorable. Un homme nous explique qu’ici, nous sommes au Kurdistan, qu’il est kurde, que son voisin est kurde, que le voisin de son voisin est kurde… Voisin du voisin qui lui répond que non, lui, il est turc. La suite (en turc) donne en substance:

– Mais non, tu es kurde!

– Bah, non, je suis né en Turquie, je suis turc.

– Tu fais ch… T’es kurde: tes parents sont kurdes, tu parles le kurde…

– Je suis de culture kurde, mais je suis turc.

– Espèce de néo-nazi! (se tournant vers nous et le désignant du doigt) C’est un néo-nazi!

(Nous regardons le bout de nos pieds)

(le même, reprenant) sale néo-nazi!

– communiste, maoïste!

Et moi de vanter alors, en turc (sommaire), la beauté des lieux et du temps…

– Bitlis çok, çok güzel! Hem de Bugün sicak… Burada çok güzel!

Et tout le monde d’éclater de rire…

Le mot est sorti: « Burada » (ici). Cela a été notre mot-clef du voyage, pour désigner le pays où nous voyagions, lorsqu’on nous demandait si on aimait notre voyage, si c’était beau. Ne sachant pas à qui nous parlions – un Turc? un Kurde militant? un Kurde « intégré »? – nous ne prenions pas de risque… Oh oui, ici, c’est très beau. Et les gens sont très gentils!

Donc, au pays de Burada, les gens sont très gentils. En particulier (mais pas seulement), les boulangers sont extraordinaires. Je ne compte pas le nombre de fois où, passant devant un firini (ce sont en fait des i sans point: prononcer » feu(re)uneu »), un four, nous sommes repartis avec un pain tout chaud, sans avoir rien demandé – parfois, même, sans nous être initialement arrêtés. Ou bien, comme à Diyardakir (le deuxième i est encore sans point), où nous allons acheter du pain (cela nous arrivait, parfois) et où nous repartons sans avoir rien déboursé. « C’est pour nous », disent-il, en s’inclinant légèrement, la main sur le coeur. Des boulangers  (kurdes) de Diyarbakir (la ville a été connue, dans les années 90, particulièrement sanglantes, comme étant le fief du PKK) ont même fait mieux: lors de notre second passage, avant de prendre un bus de nuit vers Erzurum, nous avons même été nourris, et de façon royale! Thé, délicieux caviar d’aubergine chaud et pain lui aussi sorti du four. Nous n’avons pas tout de suite compris ce qui nous arrivait. Et quand nous avons malgré tout voulu leur acheter un pain, pour le voyage, le pain brûlant, tout juste sorti du four, nous a été une nouvelle fois offert (S’en est quand même suivi une séance photos).

Avec une telle générosité, nous nous sommes régulièrement trouvés avec des restes de pain durci. Nous n’avons pas eu le coeur de le jeter. Nous l’avons rapporté en France pour en faire… du pudding.

Pudding aux fruits secs

  • 150g de pain dur
  • 1/2 L de lait
  • 2 oeufs
  • 50g de sucre intégral (le sucre normal fonctionne très bien aussi)
  • 2 bonnes poignées d’amandes coupées en 3-4 morceaux
  • 2 bonnes poignées de raisins secs bien nettoyés et mis à gonfler dans du rhum
  • 3 cuillers à soupe de gingembre confit coupé en petits morceaux

Coupez (tant bien que mal) le pain du en petits morceaux (dans la mesure du possible). Versez le lait bien chaud sur le pain et laissez gonfler, jusqu’à ce que le pain se délite (y aller à la main si nécessaire)., pour obtenir un mélange homogène et pâteux. Selon le type de pain utilisé, il faut laisser tremper plus ou moins longtemps (plus le pain est blanc, plus c’est rapide). Ajoutez le sucre et les oeufs, puis les fruits secs (et le rhum restant!). Versez dans un moule (je le prends assez petit car nous aimons le pudding épais, à la maison) et enfournez à 180° (à four chaud) pour une quarantaine de minutes.

Photos… Vous savez!

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Fan(es) de carottes !

Je poursuis sur ma lancée « Rien ne se perd, tout se cuisine! ». A l’occasion d’un pique-nique très professionnel (les présents le confirmeront) au jardin du Luxembourg, j’ai tenté une nouvelle expérience afin de goûter ces petites choses que l’on écarte régulièrement en cuisinant et qui finissent malheureusement à la poubelle. Après les verts de poireaux, j’ai testé… les fanes de carottes!

Pour l’occasion, j’ai mixé les fanes avec un fromage de chèvre frais pour obtenir une crème à dipper à l’aide de bâtonnets de… carottes, bien sûr! Autre possibilité, testée le lendemain avec les restes: on peut intégrer la crème à des pommes de terres sautées, en fin de cuisson. Petit goût chlorophyllé et légèrement amer pas mauvais du tout!

creme_fanes_carottes

Crème fan de carottes :

  • 200g de chèvre frais
  • les fanes de 6 belles carottes
  • 1 cuiller à soupe d’huile d’olive

Détachez les fanes de carottes de la tige principale et mixez-les avec 200g de fromage de chèvre frais et 1 cuiller à soupe d’huile d’olive. C’est prêt, et c’est meilleur préparé la veille !

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« pan pan pan, pan pan pan, belle Bérengère… »

Ah ah ! Changement de siècle pour la citation… Mais je ne devrais pas prendre les lycéens à la glue avec ce billet. En revanche, Ronsard et son « Mignonne, allons voir si la rose… » ont un succès fou en ce moment : le nombre de visites inopinées de lycéens en perdition explose depuis quelques jours. Il faut croire qu’une horrible prof de français a donné le poème en commentaire, à rendre pour le retour des vacances d’hiver et que certains s’y prennent un peu au dernier moment !

Bon, passons aux choses sérieuses, car je suis débordée en ce moment (pour changer…) !

Quand on cuisine, il y a souvent – trop souvent même – des restes. Avant de me lancer dans le gratin d’épluchures de navets ou dans la tarte aux feuilles d’artichauts, je teste ce qui a encore l’air comestible. Cette fois, le challenge portait sur des verts de poireaux dont les blancs avaient dû servir à la confection d’une tarte. Point de racisme chez moi! Pourquoi privilégier les blancs et jeter les verts? La soupe ou le bouillon, c’était trop simple. J’ai donc opté pour des raviolis vapeur aux verts de poireaux, trouvés chez Popeline. Nous étions très contents du résultat, mais il me semble qu’il y a encore un petit truc à ajouter : je ne sais pas encore quoi, mais je trouverai !

raviolis de verts de poireaux

Raviolis aux verts de poireaux :

Pour deux personnes :

  • 100g de farine
  • verts de poireaux (pas d’idée du poids, mais cela tenait, bien tassé, dans une boîte d’1L de glace. Le vert de 4 poireaux? Popeline indique 200g)
  • 2 cuillers à soupe d’huile d’olive
  • eau
  • 1 yoghourt nature
  • sel
  • 1/2 gousse d’ail
  • 1 cuiller à café de curry (2 cuillers à soupe chez Popeline)

Découpez les verts de poireaux en tout petits morceaux. Faites-les fondre doucement dans de l’huile d’olive avec le curry.

Mélangez la farine, l’huile et un peu d’eau, afin d’obtenir un pâte élastique et non collante. Etalez la pâte le plus finement possible. Découpez des carrés et disposez-y une bonne portion de verts de poireaux. Fermez les raviolis et appuyez bien sur les bords. Déposez-les dans le cuit-vapeur et faites-les cuire une vingtaine de minutes.

Pendant ce temps, mélangez le yoghourt avec une demi-gousse d’ail écrasée et un peu de sel.

Il ne vous reste plus qu’à servir vos raviolis avec le yoghourt salé. Bon appétit !

La prochaine fois, j’essaie les raviolis aux griottes!

Pour les photos, je sais que je n’assure pas trop en ce moment, mais je les mets le plus rapidement possible en ligne, même si elles ne sont pas superbes pour l’éclairage… Les photos de nuits en lumière artificielle, il y a mieux, je sais. Vivement les beaux jours !

PS : à celle qui est arrivée sur ce blog en pianotant « voilà, je me suis encore goinfrée ! », je tiens à dire que je suis extrêmement vexée. ON NE SE GOINFRE PAS CHEZ MOI !!! Non mais dites donc !

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