Archive for Il n’y a pas que la cuisine dans la vie !

Je suis encore vivante ! (si, si…)

Je me rends compte que je vous ai laissés dans un suspense haletant, au mois de juin: la cuisinière sera-t-elle docteur ou non? Et nous voici déjà, à la mi-octobre. Non, ce blog n’est pas mort, juste en hibernation estivale…

Pour résumer:

  • La soutenance de thèse s’est bien passée, après avoir entendu ma directrice raconter, devant une docte assemblée, comment j’ai organisé ces dernières années des pique-niques de doctorants (ça fait sérieux, sur un cv!) et combien je suis une hyper-active scientifique (le premier qui hasarde un commentaire, je lui balance un tiramisu maison dans la figure…).
  • Je suis ENFIN partie en voyage de noces, avec un an de retard (l’été dernier, il fallait bien finir la thèse…). J’ai donc subi mon premier vol transatlantique (que je ne referai pas tous les ans) pour parcourir les Andes argentines et fêter, le 15 août, la vierge Pachamama à plus de 3000 mètres d’altitude (non, les Indiens ne sont pas syncrétiques!). Pour l’occasion, je me suis mise à l’espagnol et j’ai atteint la leçon 45 de la méthode Assimil.
  • J’ai (encore!) déménagé: nous avons abandonné notre appartement si sombre et tarabiscoté pour un trois pièces avec parc privatif (bon, ok, cour privative avec un bout de terre au fond), une cuisine délicieusement rétro (je vous posterai une photo un de ces jours) et juste à côté du bois et de château de Vincennes. On s’embourgeoise!
  • J’ai fait ma rentrée dans une nouvelle fac (encore! – vive la précarité du supérieur). Et je me retrouve à enseigner une nouvelle matière (que j’avais un peu pratiquée l’an dernier, mais là, cela devient exclusif). Bon, heureusement, j’aime ça, et la fac est sympa: je travaille bien avec ma collègue, mais c’est encore la course. Je mets trois heures à aller au boulot, je dors une nuit sur place et je claque un tiers de mon salaire mensuel rien que pour aller bosser. Ab-né-ga-tion.
  • Je nourris mes nouveaux collègues à coups de croquants aux divers fruits secs et de pains d’épices au gingembre. Et je refile la recette des yoghourts en cocotte-minute auxdits collègues.
  • J’ai acheté une sorbetière dans un vide-grenier: elle a un an de moins que moi et elle est orange… Mais je n’apporte pas de sorbets à la fac: c’est trop loin.
  • Alors oui, j’ai eu du mal à me remettre au blog, mais j’ai des recettes en réserve: des fameuses courgettes farcies qui ne sont plus de saison aux soupes de courges et autres potimarrons qui, elles, sont effectivement de saison.

On essaie de se retrouver rapidement?

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J-2

Très chers et nombreux lecteurs,

Je reviendrai bientôt, porteuse du brillant titre de « docteur ès lettres » (enfin, j’espère)… D’ici-là, cuisinez bien!

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Promesse tenue: la mastérisation des concours de l’enseignement et une nouvelle version des croquants

Il était temps. Depuis le temps que je vous l’annonçais, je commence donc ma série d’explications sur les raisons du mouvement universitaire. Depuis le 2 février, l’Université est en grève, après avoir alerté pendant des mois des dangers aigus des contre-réformes que le gouvernement fait passer en force.

J’entends aujourd’hui le « le mouvement est fini » et, globalement, les media ne parlent désormais que d’un mouvement étudiant. Ah bon? Je croyais que cette année, pour la première fois, le mouvement était parti des enseignants-chercheurs. Et ils ne sont pas prêts d’abandonner, une fois les examens passés. D’ailleurs, avez-vous remarqué, les media traditionnels n’ont commencé à réellement parler du mouvement que lorsque la question des examens s’est posée? Cela faisait pourtant déjà trois mois que nos étudiants n’avaient plus cours…

Premier point:

La mastérisation des concours

Aujourd’hui, un futur enseignant doit avoir une licence (trois années après le baccalauréat). L’étudiant prépare pendant un an le concours du CAPES, qui comporte des épreuves disciplinaires variées et en nombre conséquent. S’il est lauréat, il bénéficie d’une formation alternée à l’IUFM en tant qu’élève professeur stagiaire. Cette formation rémunérée après le concours est fondamentale puisqu’elle permet au jeune enseignant d’apprendre son métier dans le cadre d’un service réduit avec un tuteur (1/3 d’un service normal) avec un support pédagogique. Au terme de ce parcours, le jeune enseignant a donc étudié cinq ans après le baccalauréat, mais toutes ces années ne sont pas reconnues.
La mastérisation prétend élever le niveau de recrutement au niveau master (bac+5).  Or, c’est déjà le cas: il suffirait de reconnaître que les années de préparation au concours et de formation correspondent à un master. La mastérisation affaiblit malheureusement le niveau et la formation des futurs enseignants. Lors de la première année de master, l’étudiant doit mener un travail de recherche affaibli (bien inférieur au travail de master 1 actuel) ; préparer un concours (sur le contenu duquel je reviendrai) ; trouver un bout de stage. Le concours intervient au début de la deuxième année de master. On s’en doute, à courir après trois lièvres à la fois, on ne fait rien de bien. Le concours est lui-même fort affaibli puisque le nombre d’épreuves est considérablement réduit, la part disciplinaire est réduite à une peau de chagrin au profit d’épreuves théoriques sur la connaissance du monde éducatif (très idéologique). Nous arrivons à un concours aberrant, puisqu’un futur professeur d’anglais n’aura pas besoin de parler anglais à l’oral : l’épreuve de langue disparaît !

Les lauréats au concours n’auront enfin plus d’année de stage digne de ce nom et ils seront directement envoyés sur le terrain. L’enseignement est un métier qui s’apprend. Nos enfants seront donc directement victimes de cette absence de formation et de cette probable incompétence disciplinaire.

Par ailleurs, quid des étudiants inscrits en master enseignement mais qui échouent au concours ? Ils seront remplaçants (et précaires) : n’étant pas fonctionnaires, ils pourront être embauchés à un salaire défiant toute concurrence – sinon celle des étudiants n’affichant que le baccalauréat et qui pourront également être embauchés comme enseignants, comme en témoignait dès cette année la page du rectorat de l’académie de Versailles ou d’Orléans ainsi que les témoignages de certaines UFR de l’Université de Tours, que le rectorat a directement sollicitées afin qu’elles fournissent les établissements scolaires en étudiants simplement inscrits en licence. Tenez, savez-vous que dès maintenant, des agences d’intérim proposent des emplois de professeur des écoles?

La réforme des lycée prévoit que l’Etat se désengage financièrement (comme pour l’Université)  Les chefs d’établissements devront donc trouver l’argent ailleurs. Et là où le Conseil Régional n’aura pas assez de fonds à avancer, comme dans les régions plus pauvres (je pense à ma Picardie, nouvelle patrie d’adoption), ce sera aux parents de payer! Et comme les chefs d’établissements recruteront les profs, ils prendront les moins chers , donc les moins qualifiés, dans les régions les plus pauvres. Des écoles pour les riches, des écoles pour les pauvres: tous les Français n’auront droit à pas la même éducation, ce qui est pourtant un principe républicain.

Et comme la négociation, la mobilisation et les grèves, cela ne compte pas, le gouvernement fait passer en force cette mastérisation qui devait finalement être préparée par une commission spécifique rendant ses conclusions à la mi-juillet… courant juin!

Conclusion : la mastérisation affaiblit lourdement le niveau des enseignants, la qualité de formation de nos enfants et met à mal l’égalité scolaire sur l’ensemble du territoire, qui est un principe républicain. En ce sens, les conséquences sociales peuvent être dramatiques, en ce qu’elle créera des ghettos scolaires, dans le cadre du désengagement financier de l’État tel qu’il a été annoncé. La réforme des lycées, rappelons-le, n’est repoussées que d’un an (et lancée en fait dès cette années dans certains lycées pilotes) : or, avec un baccalauréat qui ne sera plus un diplôme national et une formation des enseignants qui ne sera pas plus nationale (les jours du concours du CAPES sont comptés, afin de laisser la place à un master enseignement, c’est-à-dire à un diplôme propre à chaque université), c’est le fonds commun de notre éducation qui est mis à mal. Le corps social en France fonde sa cohérence sur une éducation commune à tous les citoyens : c’est sur ce principe que s’est bâtie la République. Toucher à ce principe, ce que font ces contre-réformes, c’est instaurer les conditions d’une situation sociale explosive, alors même que les banlieues sont déjà affectées par un lourd sentiment d’exclusion et que la violence y est quotidienne.

Dans cette lutte contre la mastérisation, qui par ailleurs met à mal la viabilité des masters recherche (et donc l’avenir de la recherche française: voir le prochain billet) et qui propose, sous prétexte non avoué d’économies, d’offrir à nos enfants des enseignants dont on n’aura pas vérifié les compétences et qui, pour certains, ne seront même plus professeurs, je vous propose une nouvelle version de mes croquants, dont je suis plutôt fière, afin de prendre des forces.

croquants aux pistaches et aux abricots secs

Croquants aux abricots et aux pistaches:

  • 3 oeufs
  • 150g de sucre
  • 400g de farine T 80 (ou autre!)
  • 4 bonnes poignées de pistaches non salées
  • 10 abricots secs (bios, c’est meilleur! Ils ne sont pas huilés et pas resucrés)

Mettez à gonfler les abricots secs dans de l’eau tiède pendant une dizaine de minutes.

Battez les oeufs et le sucre. Ajoutez la farine tamisée. Mélangez bien, afin d’obtenir une boule de pâte (qui peut être un peu collante, ce n’est pas grave). Ajoutez les abricots coupés en morceaux et les pistaches. Divisez la pâte en deux boules puis confectionnez deux boudins que vous disposez sur une plaque farinée. Enfournez à 180°C pendant environ une demi-heure. C’est prêt lorsque les boudins commencent à blondir.

Sortez alors du four puis, avec un bon couteau, coupez le boudin en tranches, laissez refroidir et stockez dans une boîte hermétique.

Une réserve d’énergie pour défendre l’école républicaine (vous êtes au courant des accords Vatican, entérinés par décret? A l’Ecole publique, nos enfants pourront recevoir des cours d’enseignants formés… par le Vatican. Quid de la laïcité?)

photo très vite!

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Et maintenant… Que vais-je faire?

Question lancinante qui me trotte musicalement dans la tête.

Chers amis lecteurs ou passants d’un clic, j’ai ENFIN une grande nouvelle à vous annoncer. Après quatre ans et demi de gestation (oui, c’est digne d’un pachyderme, comme l’ont fait gentiment remarquer mes petits étudiants picards), j’ai déposé ma thèse. Oui, oui… Vous avez bien lu! Son petit nom est un peu compliqué, je ne sais pas si je peux vous le donner.  Je ne l’ai pas encore pesée, comme pour les nouveaux-nés, mais je peux déjà vous dire qu’elle fait 655 pages, avec les annexes (pauvre jury!). Pour ceux que cela intéresse, la soutenance aura lieu le mercredi 17 juin 2009, en Sorbonne. Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à vous manifester (au cas où j’oublierais certains dans le mail d’invitation). Les soutenances sont publiques, tout le monde peut venir (pis j’aurai besoin de soutien: cinq heures sous la mitraille! Oups! Je n’aurais pas dû dire que cela durait cinq heures…).

religieuse violette

Après avoir laissé passer mon anniversaire, délaissé la cuisine et n’avoir pas assez tourné à mon goût à la ronde des obstinés, je vais pouvoir rattraper un peu de temps. Par conséquent, je reprends le cap des recettes militantes et m’efforce de vous expliquer au plus vite les raisons de la grève des universités, qui dure depuis plus de trois mois, face à un gouvernement sourd et irresponsable. J’insiste sur le fait que ce n’est absolument pas un mouvement corporatiste, tout le monde est concerné. Je commencerai par le démantèlement de l’école républicaine (dont une bonne part porte le doux nom de « masterisation »), dont nous refusons de nous rendre complices.

Pour l’instant, je profite des beaux jours (j’ai découvert que nous étions au printemps, qu’il y avait des fleurs et des petits oiseaux), tout en me promenant avec une pancarte ridicule proposant aux passants et à mes compagnons de train / métro / RER / bus de leur expliquer les raisons d’une grève qui dure et qui n’est pas honnêtement relayée par les media traditionnels (sauf France inter et France culture, oui, Hélène). Super efficace aussi, comme technique, dans les vide-greniers printaniers.

En attendant, un lien utile: Sauvons l’Université. Et quelques explications par Yoric.

C’était un billet pour donner des nouvelles à tous ceux (très nombreux, je le sais), qui se demandaient où j’étais passée.

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La ronde infinie des obstinés

J’ai bien des recettes en réserve, mais pas trop le temps de les mettre en ligne (surtout depuis que je sais que – roulement de tambour… – je soutiendrai effectivement ma thèse en juin). Ouf!

Il est toutefois des causes fondamentales pour l’avenir de notre société. La semaine dernière, j’ai fait une parenthèse dans mes 70h de travail hebdomadaires pour participer à une lecture publique de Gargantua (parce que nous ne sommes pas fatigués). Parmi les très nombreuses actions de l’université en grève (nous commençons la huitième semaine!!!) toujours pas  honnêtement relayées (sauf sur Radio France et Libération), nous entamons aujourd’hui La Ronde infinie des obstinés, place de Grève à Paris (place de l’Hôtel-de-ville). Parce que nous sommes déterminés.

Venez vous joindre à la

Ronde infinie des obstinés

à l’initiative de l’université Paris 8

Sous le nom de « Ronde infinie des obstinés », nous organisons la marche permanente de tous ceux qui, à un titre ou à un autre, estiment que l’idée même d’Education Nationale, d’université, d’enseignement et de recherche est mise à mal par les réformes actuelles. Non, l’université n’est pas une entreprise ni le savoir une marchandise.

Lundi 16 mars 2009, un ultimatum a été lancé publiquement place de l’Hôtel de Ville de Paris Une première ronde a réuni une soixantaine de personnes qui ont tourné pendant 1h, en guise d’avertissement. (Le film de cette action est ici et un autre ).

Si le gouvernement ne répond pas à cet appel d’ici le 23 mars à midi, la ronde se mettra en marche, jour et nuit, en place de grève (parvis de l’Hôtel de Ville de Paris).

Cette action inédite et lancinante est à la mesure de notre détermination. Cette ronde est un lieu de partage, de débats et de palabre, de réflexion, de résistance.

Nous appelons tous les citoyens solidaires à venir se joindre à la ronde infinie des obstinés.

Venez quand bon vous semble. Vous pouvez aussi signaler votre participation individuellement ou collectivement sur une tranche horaire particulière à : http://www.doodle.com/dwgnpdqdf2qg2cki

Plus de renseignements sur Sauvons l’Université, et surtout sur le blog consacré à l’action.

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Les yoghourts militants

Le temps a passé: je peux enfin faire un bilan de ma production hebdomadaire de yoghourts, qui est un soutien efficace à l’action à laquelle ont dû se résoudre, depuis plus d’un mois, les enseignants-chercheurs et les chercheurs, rejoints depuis par les étudiants.

chaises piquantes

Chers lecteurs: malgré ce que prétendent les media, les rares fois où ils parlent de nous, rien n’est résolu. Aujourd’hui, dimanche 8 mars 2009, l’Université française est en grève depuis plus d’un mois. Après divers ultimatum (ultimata?), l’Université est en grève depuis le 2 février, date du début du second semestre dans la majorité des établissements français. Depuis donc 34 jours, nous suspendons les cours, manifestons toutes les semaines, organisons des lectures publiques de la Princesse de Clèves et autres horreurs culturelles. Depuis 34 jours, le gourvernement est proprement autiste, alors que pour la première fois de notre histoire, les enseignants-chercheurs et les chercheurs de tous les bords politiques, de la droite ultra-conservatrice à la gauche la plus militante, mènent un mouvement d’une ampleur inégalée.

Malgré les annonces du gouvernement, rien n’a été fait, aucune avancée n’a eu lieu: le gouvernement ne prétend négocier que sur un micro-point des revendications, qui sont par ailleurs très largement déformées. Il faut dire que pour le moment, le syndicat largement majoritaire, le Snesup, n’est pas de la partie: car la conception de la négociation et du dialogue nourrie par le gouvernement revient à rester sur ses positions et à « expliquer », ce qui est une fort mauvaise base de discussion. Par ailleurs, l’interlocuteur privilégié du ministère semble être la CPU (la Conférence des Président d’Universités) qui, rappelons-le, n’a aucun mandat représentatif puisque les présidents sont élus pour accomplir des tâches administratives et pour diriger l’Université. Bref, imaginez que dans le cadre d’un conflit social avec des travailleurs du privé, le gouvernement négocie avec le MEDEF et non avec les représentants du personnel! Enfin, le gouvernement s’obstine à tenir à l’écart les deux principales associations qui portent le mouvement depuis le début, Sauvons la Recherche et Sauvons l’Université. C’est gênant, non, surtout quand le gouvernement fait de fausses annonces!

tableau_gréviste

L'Enseignement Supérieur dans deux ans? Comme cette salle!

Rien, donc. Rien sur la « masterisation » qui détruit la formation des enseignants de la maternelle au secondaire, qui choisit de recruter les futurs enseignants non sur leurs compétences disciplinaires mais sur leur capacité à recracher l’idéologie ministérielle en matière de pédagogie et d’organigramme (cf. l’article de Pierre Dubois, Nathalie Vienne-Guérin et Sarah Hatchuel). Cette « materisation » qui nous promet, à terme, de mauvais enseignants, dont on n’aura pas vérifié les compétences, pour les pauvres (les riches auront toujours les écoles privées!). Cette masterisation qui nous propose, bientôt, la privatisation de l’Ecole républicaine.

chaises_grévistes

Désormais, c’est démissions en cascades, déménagement du mobilier de la fac (voici les exploits de mes étudiants lundi dernier, sur la photo ci-dessus – je n’ai vu le résultat que le lendemain. Pour cette semaine, l’appel vient de Grenoble) et actions en séries, tous les jours de la semaine quelque part en France (pour la semaine qui vient, voir le calendrier). C’est bizarre, les media n’en parlent pas beaucoup, alors qu’il se passe quelque chose tous les jours…

Et les yoghourts, dans tout cela, me direz-vous? Eh bien ils aident à faire le plein de calcium et à reprendre des forces pour tenir bon, car nous ne sommes pas prêts de céder. Ce sont nos enfants, dès les années à venir et pour plusieurs décennies, qui vont faire les frais de cette réforme hautement régressive: enseignants incompétents, aucune perspective d’ascension sociale pour les élèves, fermeture des études supérieures aux classes les moins favorisées (je pense en particulier à mes étudiants picards), précarisation des enseignants, et, même si je n’en ai pas parlé ici, sclérose et mort de la recherche.

Cela vous tente?

yoghourts_militants

Yoghourts anti-masterisation des concours de l’enseignement (et contre le reste de la réforme « Pécresse » aussi):

  • 1 L de lait entier
  • 1 yoghourt, de bonne qualité, bien ferme (du type de ceux qui sont vendus dans des pots en verre)
  • 1 cocotte-minute

Après de multiples essais, voici la méthode adoptée, que je réussis à tous les coups. Chouette!

Faites bouillir la moitié du lait (1/2 L) et retirez du feu. Ôtez la peau du lait, ajoutez l’autre demi-litre de lait, froid, et mélangez bien. Battez le yoghourt dans le lait, si possible avec un fouet en bois. Versez le mélange des des pots (je prends des grands pots, cela permet d’en mettre plus dans la cocotte).

Versez de l’eau bien chaude au fond de la cocotte, disposez-y les pots (il faut que l’eau monte assez haut). Fermez la cocotte et, pour bien conserver la chaleur, emballez la cocotte dans une couverture ou un châle en fourrure polaire ou que sais-je encore. Gardez dans un coin 8 ou 10 heures. Pour ma part, je les fais le soir et les garde au chaud toute la nuit. Le matin, mettez-les au réfrigérateur et laissez reposer au moins 2h (plus, c’est mieux). Avec le temps, ils se bonifient.

De manière générale, les yoghourts sont meilleurs à partir de la deuxième fournée (car bien sûr, vous réutilisez votre production pour les suivante!).

Mon petit plaisir est d’avoir des petits pots en verre avec un couvercle en caoutchouc (donc réutilisables): ainsi, je peux ajouter ma confiture maison, des grains de pollen ou tout autres bonnes choses au-dessus et emporter le tout au travail. Si ce n’est pas motivant, ensuite, de faire grève!

Au passage: comme mes collègues, j’ai beau faire grève, je viens toujours à la fac à mes heures de service. Je prends le train, rencontre mes étudiants, récupère leurs devoirs, leur en donne d’autres, réponds à leurs questions, etc… Faire grève n’a jamais signifié se tourner les pouces devant la télé.

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Je ferais mieux de publier… ou de cuisiner!

Mais là, j’en ai franchement marre d’entendre des propos non seulement insultants mais également mensongers.

Et si nous commentions, avec une collègue, un certain discours du 22 janvier?

Je reviendrai quand je serai à peu près calmée, vous raconter la dernière de mes étudiants de première année (heureusement qu’ils sont là!). Et puis, pourquoi pas, reparler cuisine?

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