Ma nouvelle maison…

J’ai fait ma rentrée dans ma nouvelle fac – et dans une nouvelle ville. Temps de transport multiplié par quatre, une nuit sur place, mais heureusement, pour le moment, les étudiants sont sympathiques. J’ai toutefois un petit pincement au coeur car je voyais évoluer dans mon ancienne fac des étudiants que j’avais eus en première année et que je retrouvais un ou deux ans plus tard. Certains venaient même me voir en salle des profs pour me donner de leurs nouvelles. Avant-hier soir, même, j’ai reçu un très gentil mail d’une de mes étudiantes de l’an dernier pour me souhaiter une bonne rentrée et me donner quelques nouvelles. Cela m’a vraiment touchée. Je devrai pour les autres me tenir au courant par mes collègues restés sur place, mais ce n’est pas tout-à-fait pareil.

campus

J’aime bien la rentrée, quand je découvre mes nouveaux étudiants – en particulier les premières années, tout timides, qu’il faut rassurer. Et puis, il y a ceux qui veulent faire croire qu’ils maîtrisent tout et qui se campent dans un coin avec un air désabusé – ça aussi, c’est émouvant. C’est le moment où beaucoup de choses se jouent: savoir montrer l’enjeu du cours et intéresser immédiatement les étudiants, leur donner le maximum d’armes pour que tout se passe bien – c’est le plus difficile, car la liberté de la fac est souvent mal comprise. L’absentéisme et l’absence de travail régulier et approfondi entraînent pas mal d’échecs qui pourraient être évités, mais c’est si grisant pour eux de quitter le lycée! En tant qu’enseignante, je me retrouve à jongler entre un minimum d’autorité un peu (très) scolaire et une distance nécessaire avec ce que je leur enseigne. C’est toujours un sacré pari – et c’est tellement motivant. Bon, quand tombent les premiers devoirs à corriger, le désespoir est inévitable: ils avaient pourtant l’air de comprendre! Je leur ai posé la question quinze fois, ils m’ont soutenu que c’était clair! Aaaaaaahhhhh!

Tous ces transports (RER, train, taxi collectif en quatrième vitesse car je dispose d’à peine un quart d’heure pour rejoindre la fac depuis la gare avant le début de mon premier cours) donnent bien évidemment des envies de réconfort. D’autant que mon cher et tendre travaille, géographiquement, à l’opposé, ce qui fait que nous finissons la semaine bien fatigués! Nous nous sommes donc remis au risotto, dans une nouvelle version, aux coeurs d’artichauts marinés.

risotto_coeurs_artichauts

Risotto aux coeurs d’artichauts pour se remettre des longues heures en train – et un peu de la rentrée :

pour deux personnes

  • 200g de riz arborio
  • 1/2 L de bouillon de légumes bien chaud
  • 1 bon verre de vin blanc
  • 2 coeurs d’artichaut marinés à l’huile d’olive
  • parmesan
  • huile d’olive
  • 1/2 oignon rouge
  • une gousse d’ail

Faites chauffer un peu d’huile d’olive dans une casserole. Faites-y revenir l’oignon émincé ainsi qu’une gousse d’ail écrasée. Coupez vos coeurs d’artichauts marinés en gros morceaux et faites-les également revenir doucement. Ajoutez enfin le riz, afin qu’il soit translucide. Versez alors un demi verre de vin blanc en augmentant le feu. Quand le liquide est absorbé, ajoutez le reste du vin. Quand le liquide est à nouveau absorbé, ajoutez une louche de bouillon et agissez de même jusqu’à arriver au bout des réserves de bouillon. Le risotto doit alors être bien crémeux. Sortez du feu, ajoutez le parmesan et régalez vous, emmitouflés dans un plaid tout doux et confortable.

Ce billet traîne depuis trop longtemps en brouillon – et il risque d’y rester longtemps si j’attends d’avoir le temps d’y joindre des photos. Donc, comme d’habitude, les photos le plus vite possible, entre une césure épique et une césure lyrique et entre deux paquets de copies surtout.

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4 commentaires »

  1. François said

    Bon courage à vous deux pour cette nouvelle rentrée! Je ne suis pas psychologue, mais je trouve néanmoins significatif que tu parles de ton nouveau lieu de travail comme une nouvelle « maison » 🙂 Mais bon, le temps est au nomadisme…

  2. pernette said

    C’est juste que mon lieu de travail n’est pas qu’un lieu de travail pour moi: c’est un lieu de vie et d’échanges avec des étudiants et des collègues. C’est très important. Et j’y passe une bonne partie de mon temps, même si c’est moins que dans mon ancienne fac, distance oblige… Je refuse de souffrir au travail, même si je me sens parfois une nouvelle Stakhanov (ou Sisyphe, au choix…) et que nos conditions de travail se dégradent terriblement. Je ne travaille pas pour « gagner ma vie » ou pour faire fortune (tu t’en doutes, avec mon salaire…) mais parce que j’ai l’enseignement et la recherche dans le sang. Alors oui, c’est l’une de mes « maisons » parce que pour bien travailler, je dois me sentir chez moi! 🙂
    En revanche, pour les soirées pyjamas, ce sera un peu compliqué…

  3. François said

    Ne t’inquiètes pas, je comprends tout à fait… Et puis en plus, l’enseignement est un métier où on travaille également beaucoup chez soi, ce qui tend non pas à mélanger les deux sphères, mais à renforcer, peut-être, leurs liens. Certains professeurs qui ont la chance d’avoir leur bureau à l’université le personnalisent beaucoup, d’autre pas.
    Quel vin blanc as-tu utilisé pour le risotto?

  4. pernette said

    Pour ma part, j’utilise du Saumur, mais j’imagine que d’autres vins conviendront très bien! En revanche, même si l’alcool s’évapore à la cuisson, est-ce bien raisonnable avec une femme enceinte à la maison?

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