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Promesse tenue: la mastérisation des concours de l’enseignement et une nouvelle version des croquants

Il était temps. Depuis le temps que je vous l’annonçais, je commence donc ma série d’explications sur les raisons du mouvement universitaire. Depuis le 2 février, l’Université est en grève, après avoir alerté pendant des mois des dangers aigus des contre-réformes que le gouvernement fait passer en force.

J’entends aujourd’hui le “le mouvement est fini” et, globalement, les media ne parlent désormais que d’un mouvement étudiant. Ah bon? Je croyais que cette année, pour la première fois, le mouvement était parti des enseignants-chercheurs. Et ils ne sont pas prêts d’abandonner, une fois les examens passés. D’ailleurs, avez-vous remarqué, les media traditionnels n’ont commencé à réellement parler du mouvement que lorsque la question des examens s’est posée? Cela faisait pourtant déjà trois mois que nos étudiants n’avaient plus cours…

Premier point:

La mastérisation des concours

Aujourd’hui, un futur enseignant doit avoir une licence (trois années après le baccalauréat). L’étudiant prépare pendant un an le concours du CAPES, qui comporte des épreuves disciplinaires variées et en nombre conséquent. S’il est lauréat, il bénéficie d’une formation alternée à l’IUFM en tant qu’élève professeur stagiaire. Cette formation rémunérée après le concours est fondamentale puisqu’elle permet au jeune enseignant d’apprendre son métier dans le cadre d’un service réduit avec un tuteur (1/3 d’un service normal) avec un support pédagogique. Au terme de ce parcours, le jeune enseignant a donc étudié cinq ans après le baccalauréat, mais toutes ces années ne sont pas reconnues.
La mastérisation prétend élever le niveau de recrutement au niveau master (bac+5).  Or, c’est déjà le cas: il suffirait de reconnaître que les années de préparation au concours et de formation correspondent à un master. La mastérisation affaiblit malheureusement le niveau et la formation des futurs enseignants. Lors de la première année de master, l’étudiant doit mener un travail de recherche affaibli (bien inférieur au travail de master 1 actuel) ; préparer un concours (sur le contenu duquel je reviendrai) ; trouver un bout de stage. Le concours intervient au début de la deuxième année de master. On s’en doute, à courir après trois lièvres à la fois, on ne fait rien de bien. Le concours est lui-même fort affaibli puisque le nombre d’épreuves est considérablement réduit, la part disciplinaire est réduite à une peau de chagrin au profit d’épreuves théoriques sur la connaissance du monde éducatif (très idéologique). Nous arrivons à un concours aberrant, puisqu’un futur professeur d’anglais n’aura pas besoin de parler anglais à l’oral : l’épreuve de langue disparaît !

Les lauréats au concours n’auront enfin plus d’année de stage digne de ce nom et ils seront directement envoyés sur le terrain. L’enseignement est un métier qui s’apprend. Nos enfants seront donc directement victimes de cette absence de formation et de cette probable incompétence disciplinaire.

Par ailleurs, quid des étudiants inscrits en master enseignement mais qui échouent au concours ? Ils seront remplaçants (et précaires) : n’étant pas fonctionnaires, ils pourront être embauchés à un salaire défiant toute concurrence – sinon celle des étudiants n’affichant que le baccalauréat et qui pourront également être embauchés comme enseignants, comme en témoignait dès cette année la page du rectorat de l’académie de Versailles ou d’Orléans ainsi que les témoignages de certaines UFR de l’Université de Tours, que le rectorat a directement sollicitées afin qu’elles fournissent les établissements scolaires en étudiants simplement inscrits en licence. Tenez, savez-vous que dès maintenant, des agences d’intérim proposent des emplois de professeur des écoles?

La réforme des lycée prévoit que l’Etat se désengage financièrement (comme pour l’Université)  Les chefs d’établissements devront donc trouver l’argent ailleurs. Et là où le Conseil Régional n’aura pas assez de fonds à avancer, comme dans les régions plus pauvres (je pense à ma Picardie, nouvelle patrie d’adoption), ce sera aux parents de payer! Et comme les chefs d’établissements recruteront les profs, ils prendront les moins chers , donc les moins qualifiés, dans les régions les plus pauvres. Des écoles pour les riches, des écoles pour les pauvres: tous les Français n’auront droit à pas la même éducation, ce qui est pourtant un principe républicain.

Et comme la négociation, la mobilisation et les grèves, cela ne compte pas, le gouvernement fait passer en force cette mastérisation qui devait finalement être préparée par une commission spécifique rendant ses conclusions à la mi-juillet… courant juin!

Conclusion : la mastérisation affaiblit lourdement le niveau des enseignants, la qualité de formation de nos enfants et met à mal l’égalité scolaire sur l’ensemble du territoire, qui est un principe républicain. En ce sens, les conséquences sociales peuvent être dramatiques, en ce qu’elle créera des ghettos scolaires, dans le cadre du désengagement financier de l’État tel qu’il a été annoncé. La réforme des lycées, rappelons-le, n’est repoussées que d’un an (et lancée en fait dès cette années dans certains lycées pilotes) : or, avec un baccalauréat qui ne sera plus un diplôme national et une formation des enseignants qui ne sera pas plus nationale (les jours du concours du CAPES sont comptés, afin de laisser la place à un master enseignement, c’est-à-dire à un diplôme propre à chaque université), c’est le fonds commun de notre éducation qui est mis à mal. Le corps social en France fonde sa cohérence sur une éducation commune à tous les citoyens : c’est sur ce principe que s’est bâtie la République. Toucher à ce principe, ce que font ces contre-réformes, c’est instaurer les conditions d’une situation sociale explosive, alors même que les banlieues sont déjà affectées par un lourd sentiment d’exclusion et que la violence y est quotidienne.

Dans cette lutte contre la mastérisation, qui par ailleurs met à mal la viabilité des masters recherche (et donc l’avenir de la recherche française: voir le prochain billet) et qui propose, sous prétexte non avoué d’économies, d’offrir à nos enfants des enseignants dont on n’aura pas vérifié les compétences et qui, pour certains, ne seront même plus professeurs, je vous propose une nouvelle version de mes croquants, dont je suis plutôt fière, afin de prendre des forces.

croquants aux pistaches et aux abricots secs

Croquants aux abricots et aux pistaches:

  • 3 oeufs
  • 150g de sucre
  • 400g de farine T 80 (ou autre!)
  • 4 bonnes poignées de pistaches non salées
  • 10 abricots secs (bios, c’est meilleur! Ils ne sont pas huilés et pas resucrés)

Mettez à gonfler les abricots secs dans de l’eau tiède pendant une dizaine de minutes.

Battez les oeufs et le sucre. Ajoutez la farine tamisée. Mélangez bien, afin d’obtenir une boule de pâte (qui peut être un peu collante, ce n’est pas grave). Ajoutez les abricots coupés en morceaux et les pistaches. Divisez la pâte en deux boules puis confectionnez deux boudins que vous disposez sur une plaque farinée. Enfournez à 180°C pendant environ une demi-heure. C’est prêt lorsque les boudins commencent à blondir.

Sortez alors du four puis, avec un bon couteau, coupez le boudin en tranches, laissez refroidir et stockez dans une boîte hermétique.

Une réserve d’énergie pour défendre l’école républicaine (vous êtes au courant des accords Vatican, entérinés par décret? A l’Ecole publique, nos enfants pourront recevoir des cours d’enseignants formés… par le Vatican. Quid de la laïcité?)

photo très vite!

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Les yoghourts militants

Le temps a passé: je peux enfin faire un bilan de ma production hebdomadaire de yoghourts, qui est un soutien efficace à l’action à laquelle ont dû se résoudre, depuis plus d’un mois, les enseignants-chercheurs et les chercheurs, rejoints depuis par les étudiants.

chaises piquantes

Chers lecteurs: malgré ce que prétendent les media, les rares fois où ils parlent de nous, rien n’est résolu. Aujourd’hui, dimanche 8 mars 2009, l’Université française est en grève depuis plus d’un mois. Après divers ultimatum (ultimata?), l’Université est en grève depuis le 2 février, date du début du second semestre dans la majorité des établissements français. Depuis donc 34 jours, nous suspendons les cours, manifestons toutes les semaines, organisons des lectures publiques de la Princesse de Clèves et autres horreurs culturelles. Depuis 34 jours, le gourvernement est proprement autiste, alors que pour la première fois de notre histoire, les enseignants-chercheurs et les chercheurs de tous les bords politiques, de la droite ultra-conservatrice à la gauche la plus militante, mènent un mouvement d’une ampleur inégalée.

Malgré les annonces du gouvernement, rien n’a été fait, aucune avancée n’a eu lieu: le gouvernement ne prétend négocier que sur un micro-point des revendications, qui sont par ailleurs très largement déformées. Il faut dire que pour le moment, le syndicat largement majoritaire, le Snesup, n’est pas de la partie: car la conception de la négociation et du dialogue nourrie par le gouvernement revient à rester sur ses positions et à “expliquer”, ce qui est une fort mauvaise base de discussion. Par ailleurs, l’interlocuteur privilégié du ministère semble être la CPU (la Conférence des Président d’Universités) qui, rappelons-le, n’a aucun mandat représentatif puisque les présidents sont élus pour accomplir des tâches administratives et pour diriger l’Université. Bref, imaginez que dans le cadre d’un conflit social avec des travailleurs du privé, le gouvernement négocie avec le MEDEF et non avec les représentants du personnel! Enfin, le gouvernement s’obstine à tenir à l’écart les deux principales associations qui portent le mouvement depuis le début, Sauvons la Recherche et Sauvons l’Université. C’est gênant, non, surtout quand le gouvernement fait de fausses annonces!

tableau_gréviste

L'Enseignement Supérieur dans deux ans? Comme cette salle!

Rien, donc. Rien sur la “masterisation” qui détruit la formation des enseignants de la maternelle au secondaire, qui choisit de recruter les futurs enseignants non sur leurs compétences disciplinaires mais sur leur capacité à recracher l’idéologie ministérielle en matière de pédagogie et d’organigramme (cf. l’article de Pierre Dubois, Nathalie Vienne-Guérin et Sarah Hatchuel). Cette “materisation” qui nous promet, à terme, de mauvais enseignants, dont on n’aura pas vérifié les compétences, pour les pauvres (les riches auront toujours les écoles privées!). Cette masterisation qui nous propose, bientôt, la privatisation de l’Ecole républicaine.

chaises_grévistes

Désormais, c’est démissions en cascades, déménagement du mobilier de la fac (voici les exploits de mes étudiants lundi dernier, sur la photo ci-dessus – je n’ai vu le résultat que le lendemain. Pour cette semaine, l’appel vient de Grenoble) et actions en séries, tous les jours de la semaine quelque part en France (pour la semaine qui vient, voir le calendrier). C’est bizarre, les media n’en parlent pas beaucoup, alors qu’il se passe quelque chose tous les jours…

Et les yoghourts, dans tout cela, me direz-vous? Eh bien ils aident à faire le plein de calcium et à reprendre des forces pour tenir bon, car nous ne sommes pas prêts de céder. Ce sont nos enfants, dès les années à venir et pour plusieurs décennies, qui vont faire les frais de cette réforme hautement régressive: enseignants incompétents, aucune perspective d’ascension sociale pour les élèves, fermeture des études supérieures aux classes les moins favorisées (je pense en particulier à mes étudiants picards), précarisation des enseignants, et, même si je n’en ai pas parlé ici, sclérose et mort de la recherche.

Cela vous tente?

yoghourts_militants

Yoghourts anti-masterisation des concours de l’enseignement (et contre le reste de la réforme “Pécresse” aussi):

  • 1 L de lait entier
  • 1 yoghourt, de bonne qualité, bien ferme (du type de ceux qui sont vendus dans des pots en verre)
  • 1 cocotte-minute

Après de multiples essais, voici la méthode adoptée, que je réussis à tous les coups. Chouette!

Faites bouillir la moitié du lait (1/2 L) et retirez du feu. Ôtez la peau du lait, ajoutez l’autre demi-litre de lait, froid, et mélangez bien. Battez le yoghourt dans le lait, si possible avec un fouet en bois. Versez le mélange des des pots (je prends des grands pots, cela permet d’en mettre plus dans la cocotte).

Versez de l’eau bien chaude au fond de la cocotte, disposez-y les pots (il faut que l’eau monte assez haut). Fermez la cocotte et, pour bien conserver la chaleur, emballez la cocotte dans une couverture ou un châle en fourrure polaire ou que sais-je encore. Gardez dans un coin 8 ou 10 heures. Pour ma part, je les fais le soir et les garde au chaud toute la nuit. Le matin, mettez-les au réfrigérateur et laissez reposer au moins 2h (plus, c’est mieux). Avec le temps, ils se bonifient.

De manière générale, les yoghourts sont meilleurs à partir de la deuxième fournée (car bien sûr, vous réutilisez votre production pour les suivante!).

Mon petit plaisir est d’avoir des petits pots en verre avec un couvercle en caoutchouc (donc réutilisables): ainsi, je peux ajouter ma confiture maison, des grains de pollen ou tout autres bonnes choses au-dessus et emporter le tout au travail. Si ce n’est pas motivant, ensuite, de faire grève!

Au passage: comme mes collègues, j’ai beau faire grève, je viens toujours à la fac à mes heures de service. Je prends le train, rencontre mes étudiants, récupère leurs devoirs, leur en donne d’autres, réponds à leurs questions, etc… Faire grève n’a jamais signifié se tourner les pouces devant la télé.

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La malédiction du yoghourt: ça devient n’importe quoi!

Suite de mes “aventures yaourtières”, comme les appelle Dorian…
Une étude comparée des résultats selon les types de pots employés m’avait amenée à considérer que tout cela n’était qu’une question de répartition de la chaleur: la mixture contenue dans les pots en terre ressemblait plus à du yoghourt que celle qui avait séjourné dans les pots en verre. Cela avait même franchement une tête, une texture et un goût de yoghourt. Le problème est qu’il n’y avait qu’un pot de ce type…

Troisième tentative :

J’ai donc décidé de mettre de l’eau très chaude au fond de ma casserole et de faire tenir, juste au-dessus, le panier de la cocotte avec les yoghourts dedans, histoire qu’ils ne touchent pas l’eau mais d’avoir une belle étuve. Pour la préparation de “la chose”, j’ai suivi la même procédure que la fois précédente (50% de lait bouilli, 50% de lait à température ambiante, puis un yoghourt battu). J’ai bien refermé la cocotte et j’ai laissé reposer cinq heures. Cette fois-ci, c’est la bonne!

… ou pas…

Cinq heures après, la préparation était liquide.

J’ai repris les choses en main. L’eau contenue au fond de la cocotte avait complètement refroidi: c’était logique, donc, que les yoghourts ne prissent point (réflexe de prof de français…). Et là, c’est franchement devenu n’importe quoi.

N’im-por-te-quoi.

Tout ça, c’est visiblement un problème de conservation de la chaleur. J’ai par conséquent eu recours à des expédients extrêmes, à des danses vaudou et à des formules inouïes depuis de longs siècles.  Une drôle de bête est alors apparue sur ma cuisinière.

troisième essai de yoghourt version polaire

Vous le voyez, j’ai surtout eu recours à une arme de choc: le châle en fourrure polaire, enroulé autour d’une cocotte-minute remplie d’eau bien chaude dans laquelle sont plongés les pots de yoghourts.

A côté de cela, j’ai vidé la moitié des pots liquides dans une boîte isotherme de camping. La mixture n’était plus très chaude, mais j’ai déposé la boîte fermée dans un sac lui aussi isotherme (à fermeture éclair: les vrais de vrais!) avec, pour lui tenir compagnie… une bouillotte bien chaude! Histoire de comparer les résultats, je n’avais plus rien à perdre…

Résultat le lendemain matin: enfin quelque chose qui ressemble à du yoghourt! Alors, pas encore parfaits, certes, ils ont eu un peu chaud, cette fois, mais parfaitement mangeables, pas glaireux (mais pas parfaitement fermes encore). Enfin, ceux de la cocotte en tenue de ski ont eu chaud. Ceux de la boîte de camping aurait aimé avoir un peu plus chaud, ils étaient un peu liquides, mais parfaitement mangeables.

Quatrième tentative :

Les yoghourts ratés de la semaine précédentes dormaient au fond du réfrigérateur. L’un avait servi à deux pains, un autre à un gâteau. Et le reste s’ennuyait ferme. Je me suis dit qu’il était peut-être possible de les rattraper, malgré la visquosité de la bête… J’ai donc vidé mes pots, battu l’ensemble, réparti dans les pots, repassé à la cocotte, les pieds (et le corps) dans l’eau bouillante. J’ai emmitoufflé ma cocotte, et le lendemain matin… des yoghourts! Vi! Bon, pas mal de petit lait, de petites peaux, parfois un peu granuleux, mais globalement crémeux, un peu acides comme j’aime et… bons. Je tiens le bon bout!

La prochaine fois, c’est la bonne! J’y crois!

Photos très vite!

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C’est du yoghourt (ou pas) ! A l’aide !!!!

L’avantage de se marier, c’est que l’on fait une liste de mariage qui permet de recevoir quelques cadeaux utiles comme… la cocotte-minute! Très pratique pour cuire plein de bonnes choses vite, bien et bon… Sauf que la première chose à laquelle j’ai pensé, c’est que je pourrais faire… des yoghourts maison! Il y a quelques années, j’ai vu faire des yoghourts à la cocotte. Je les ai même goûtés: ils étaient, dans mon souvenir, fermes et meilleurs que ceux du commerce.

Pourquoi des yoghourts maison? Tout d’abord, nous en faisons une consommation délirante à la maison… et les pots en plastique ne sont pas recyclables. Ensuite, je n’ai pas confiance dans les ingrédients des yoghourts industriels. Enfin, notre marque habituelle est devenue aqueuse et beuarkh! Et les yoghourts encore bons sont franchement chers…

Première tentative:

Comme je vous l’annonçais dans mon précédent billet, je me suis lancée le week-end dernier dans l’aventure. Voici comment j’ai procédé: j’ai pris un litre de lait demi-écrémé bio, un yoghourt bio à date de péremption lointaine et j’ai suivi les conseils glanés sur la toile. Sauf que je n’ai pas de thermomètre… J’ai également renoncé au lait en poudre (pas bon, le lait en poudre! bouh! savez-vous comment cela s’obtient?)

J’ai donc fait bouillir mon lait, attendu qu’il refroidisse à environ 45°C (j’ai trempé mon doigt tout propre dans le lait au bout de vingt minutes et j’ai estimé une température “agréable” et “un peu plus chaude que le doigt”). Pendant ce temps, j’ai mis un peu d’eau dans ma cocotte et fait monter la pression. J’ai battu mon yoghourt dans le lait, versé la préparation dans les pots en verre, vidé l’eau de la cocotte, disposé mes pots, fermé la cocotte que j’ai laissée hors du feu pendant cinq heures.

Résultat: des yoghourts complètement liquides. Bon, me dis-je, ils doivent encore passer la nuit au réfrigérateur. Le lendemain matin… Yoghourts liquides et visqueux. Ratés! Grrrr…

L’un des pots a servi à faire le pain. Faut pas perdre!

deuxième essai de yoghourt

Deuxième tentative (hier):

J’ai cette fois-ci utilisé du lait entier et un yoghourt bio mais à 0% (beurk! mais ce n’est pas moi qui ai fait les courses). Je me suis dit que le problème de la dernière fois était peut-être lié à la température du lait, trop faible. J’ai donc changé de méthode et fait bouillir 1/2L de lait. J’ai mélangé le yoghourt à l’autre 1/2 L de lait. J’ai mélangé les deux parts de lait et versé la préparation dans les pots en verre. que j’ai disposés dans la cocotte, mise sous pression avec son fond d’eau, puis vidée et refermée.

Résultat: Au bout de cinq heures, mes yoghourts étaient aussi liquides que les précédents.

J’ai donc tenté de les rattraper (ce ne pouvait plus être une température trop basse, je craignais, pour le coup, qu’elle fût trop chaude). J’ai versé 1,5 L d’eau dans la cocotte. Pendant ce temps, j’ai fait chauffer la même quantité d’eau à la bouilloire et je l’ai ajoutée dans la cocotte. L’eau arrivait au tiers des pots. J’ai couvert et laissé reposer cinq autres heures et je suis partie chanter.

Resultat (bis): A mon retour… les yoghourts semblaient bien avoir pris. Youpi!!!!!!!

Résultat (ter): Ils passent la nuit au réfrigérateur, je goûte le matin. Le premier quart, à la surface, n’était pas mal du tout. Bonne texture, bon goût. La couche du dessous était en revanche toute visqueuse et vite écoeurante. Quant au fond du pot, un peu granuleux d’aspect mais pas au goût. Problème: le visqueux était toujours là! Beurk!

J’en appelle à vos conseils éclairés: quelqu’un(e) a-t-il/elle une idée de ce que je pourrais faire – sans avoir recours au lait en poudre, qui ne m’inspire décidément pas confiance? Pitié!!!! Je déteste perdre la nourriture et je ne sais plus quoi faire de ces demi-yoghourts visqueux! Je ne peux pas faire dix pains et autant de gâteaux au yoghourt! (en plus, moi pas avoir envie de gâteau au yoghourt en ce moment, je suis contrariante…).

Au secours!!!

PS: merci à Catherine de m’apporter des pots de verre avec couvercles pour que je puisse emmener les yoghourts maison à la BnF ou à la fac! Encore faut-il que je parvienne à mettre quelque chose de comestible là-dedans…

Mise à jour du 8 novembre: en fait, les résultats diffèrent selon le type de pot. Le résultat évoqué tient pour les pots en verre. En revanche, pour le pot en terre, la texture était bonne (type yoghourt brassé – ce que je ne préfère pas, hélas!) jusqu’au fond où, là, l’aspect granuleux était également présent. Je pense que c’est une partie qui a trop chauffé car plongée dans l’eau. Je vais donc tenter d’adapter la chaleur et sa répartition, naturellement meilleure dans un pot en terre que dans un pot en verre. La suite au prochain numéro…

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Un joyeux bloganniversaire!

Eh oui ! Aujourd’hui, c’est mon bloganniversaire. J’ai entrepris de tenir ce blog il y a un an parce que je croulais sous le travail… et cela n’a pas changé! C’est même pire en fait, mais c’était prévu.

Vendredi, j’ai dit au revoir à mes étudiants. Je les reverrai pour les partiels, mais cela me fait vraiment quelque chose. A la fin de chaque semestre, je suis toute triste de les quitter, mais cette année s’ajoute le fait qu’il y a de très grandes chances que je ne sois plus dans cette fac l’an prochain. Je ne sais pas où j’enseignerai, dans quelles conditions, à quel niveau. Je ne sais même pas si j’aurai un poste (précaire de toute façon) en fac. Les temps sont durs, et les certains liens dans la colonne de droite témoignent de l’inquiétude, voire du désespoir du monde universitaire. Mais je ne suis pas là pour cela.

Je suis là pour fêter dignement mon bloganniversaire, et à cette occasion, je vous présente mes gâteaux secs à la farine de noix. Comme j’ai utilisé de la farine de blé et de la farine de noix en quantités égales, le goût de ces gâteaux est un peu fort. Nous, nous aimons (si j’en crois la chute vertigineuse des stocks à l’heure du goûter), mais vous pouvez doser plus légèrement la farine de noix.

Pour ceux qui ne connaissent pas, la farine de noix est obtenue à partir des tourteaux qui restent après extraction de l’huile sous la meule. Elle n’est pas obtenue directement à partir de noix concassées ou mixées, comme on pourrait le penser.

petits gâteaux à la farine de noix

Gâteaux secs à la farine de noix :

  • 3 oeufs
  • 250g de farine de blé blanche
  • 250g de farine de noix
  • 150g de sucre roux
  • 75g de beurre ramolli

Mélangez tous les ingrédients. Etalez la pâte ainsi obtenue sur 4-5 millimètres et découpez de petites gâteaux aux emporte-pièces. Disposez les gâteaux ainsi obtenus sur une plaque farinée et enfournez à 180°C. Ôtez du four dès qu’ils commencent à roussir sur les bords (le plus tôt possible).

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Gâteau épique

Birgit a récidivé… et moi aussi! Rappelez-vous… L’été dernier, Birgit nous proposait de cuisiner avec les fleurs. Son initiative a connu un succès certain et, profitant de la saison nouvelle (encore en cours de détermination, mais notre équipe scientifique vous tiendra au courant dès que les résultats des analyses seront connus), elle a récemment relancé le défi.

J’ai donc profité du petit jardin de ma petite maison de famille dans une petite station balnéaire de (petite) Charente Maritime durant cette dernière petite semaine passée dans ma petite maison dans une petite station, etc… A notre arrivée, la glycine croulait sous les grappes de fleurs et, après une nécessaire petite vérification sur internet, afin de ne pas nous empoisonner, j’ai saisi mes ciseaux et cueilli quelques grappes. Mal m’en a pris! Imaginez une très chaude soirée d’une journée caniculaire (eh oui, nous en avons eu une…). Imaginez la pauvre Pernette, encore innocente, armée de ses ciseaux, profiter des tous derniers (et rares) rayons du soleil pour faire le plein de victuailles et revenir avec un bol grouillant de bestioles noires à carapaces bien kératinées (le soleil, le soleil…), presque aussi nombreuses que les enfants de Priam… Horreur!

Après un moment de saisissement, j’ai pris mon courage à deux mains, le taureau par les cornes, les bestioles par les pattes… Mais comme ces petites se défendaient bec (en ont-elles véritablement un?) et ongle (ça, c’est pour la kératine!), il m’a fallu changer de stratégie. Me remémorant les plus grandes batailles des plus célèbres généraux grecs et romains, je fomentais une ruse digne d’Ulysse (ndlr: j’ai un peu forcé sur le pineau, cette semaine, vous vous en rendez compte…): Hannibal (qui était carthaginois, comme chacun le sait) avait ses éléphants, j’avais mon eau vinaigrée. Un peu de repos: les bêtes qui le pouvaient, de se réfugier sur des îlots végétaux, prêtes à être cueillies, celles qui ne le pouvaient pas, de trouver une mort cruelle dans la noyade… Une petite inspection dans chaque fleur (oui, chaque) et j’emportai la victoire.

Moralité: A cueillette au grand jour au frais, pas de vilaine bêbête… (ndlr: songer à réduire la dose de pineau la prochaine fois…)

Et tout cela pour quoi? un gâteau aux fleurs de glycine, qui a l’intérêt de proposer une texture assez humide et un parfum léger franchement pas désagréable.

glycine_cake

Glycine-cake :

  • 1 pot de yoghourt
  • 2 pots de farine grise
  • 2 cuillers à soupe de miel au goût assez neutre
  • 1/2 pot d’huile
  • 1 sachet de levure
  • 1 bon bol de fleurs de glycine

Mélangez les ingrédients. Intégrez les glycine en dernier. Versez l’appareil dans un moule à cake (ou dans des moules à muffins) et enfournez à 180°C pour une bonne demi-heure. Le gâteau est cuit quand un couteau, glissé dans la préparation, ressort sec.

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Petite pause entre les cours et les copies…

Vous l’aurez remarqué, j’agrémente bien peu ce blog depuis quelques semaines. Non que je ne cuisine pas. Mais je n’ai absolument pas le temps d’écrire le moindre billet (d’ailleurs, là, je devrais corriger un monceau de copies. Au boulot!). J’ai pourtant fêté mon anniversaire, passé une journée aux fourneaux, mais vous n’en verrez rien: je n’ai même pas eu le temps de prendre la moindre photo avant que une horde d’invités ne se jettent sur les petits fours (bon, j’exagère…).

Mais j’ai quand même de quoi vous faire patienter jusqu’à ma prochaine période de verve culino-bloguesque. J’ai ramené de Charente Maritime il y a un peu moins d’un an de la farine de noisettes et de la farine de noix – qui seront très bientôt périmées. Rien ne sert de stocker, il faut manger à point, me direz-vous. C’est sur cette parole de la sagesse populaire que je me suis décidée à tester ces deux farines. Avant les gâteaux secs, qui ne sauraient tarder (sans plaque de four, c’est bricolage improbable à chaque fournée…), voici de petits gâteaux aux noisettes et à l’orange (variante sur les cakes à l’orange, châtaigne et raisins de Corinthe proposés ci-dessous).

cakes aux noisettes et orange

Cakes aux noisettes et à l’orange:

  • 1 pot de yoghourt
  • 2 oeufs
  • 2 pots de farine T 80
  • 1 pot de farine de noisettes
  • 1 pot de cassonade complète brune
  • 1/2 pot d’huile
  • 4 gouttes d’huile essentielle d’orange douce (pas plus de cinq en tout cas: la sixième, qui s’est éhontément glissée malgré mes précautions, était franchement de trop)
  • 1 sachet de levure (pour les âmes sensibles: cette recette a été réalisée avant le Seder)

Suivez bien les instructions, c’est extrêmement compliqué. Préchauffez le four à 180°C. Mélangez tous les ingrédients afin d’obtenir une pâte lisse. Versez la pâte dans un moule à cake ou dans de petits moules en silicones. Enfournez 20 à 40 minutes selon le four, le moule, l’inclinaison des étoiles par rapport à la lune et le bouquin que vous êtes en train de lire. C’est cuit lorsque la lame d’un couteau introduite au coeur du gâteau ressort sèche, selon les règles de la sagesse culinaire ancestrale.

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“Un liquide d’ambre s’est répandu”

Depuis quelque temps déjà, je lorgne du côté des huiles essentielles : tout d’abord, parce que je suis une grosse insomniaque qui ne veut pas prendre de somnifères et qui cherche désespérément un moyen de dormir. Ensuite, parce que certaine huiles essentielles peuvent être utilisées en cuisine et remplacent ainsi avantageusement les arômes artificiels.

Après une longue période d’épuisement et de surmenage, de manque d’imagination culinaire voire de profond manque d’appétit (aisément visible sur ce blog où les billets se faisaient rares), une fin d’après-midi, alors qu’un ami devait passer prendre le thé, l’envie de cuisiner m’est revenue… et les idées aussi! J’ai donc envoyé en urgence mon cher cobaye acheter de l’huile essentielle d’orange douce que j’ai associée au petit goût de la châtaigne et à quelques raisins de Corinthe (bios, s’il-vous-plaît, afin d’éviter le sucre et la graisse ajoutés) pour une nouvelle version du fameux gâteau au yoghourt. Résultat: des petits cakes qui se marièrent joliment avec un thé Qimen Hao Ya.

cake orange châtaigne

Cakes à l’orange, châtaigne et raisins de Corinthe :

  • 1 yoghourt
  • 2 oeufs
  • 2 pots (de yoghourt, une fois vidés) de farine blanche
  • 1 pot de farine de châtaigne
  • 1 pot et demi de cassonade complète brune
  • 1sachet de levure
  • 1/2 pot d’huile
  • 4 gouttes d’huile essentielle d’orange amère bio
  • raisins de Corinthe (bios, sinon, réduisez le sucre)

Mélangez tous les ingrédients, dans l’ordre que vous préférez (en général, yoghourt, oeufs, farine, sucre, huile puis levure, et enfin huile essentielle et raisins secs – mais chacun ses manies !). Versez la pâte dans un moule à cake ou dans des moules à muffins et enfournez une vingtaine de minutes à 180°C. C’est cuit quand la lame d’un couteau glissée dans le gâteau ressort sèche.

Les gâteaux (j’ai choisi le format muffins) sont meilleurs quand ils sont encore chauds ou le lendemain, après avoir passé la nuit dans une boîte au réfrigérateur.

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“Des pois au lard cum commento”

A l’aide, j’ai perdu mon tuba ! Les copies, la thèse, les cours… La brasse coulée ce mois-ci se résumait à “coulée”. Heureusement, certains petits malins m’ont offert des bonus blagues à la fin de leur copie – pour me changer les idées j’imagine. Il y a également les blagues involontaires, mais je resterai discrète sur ce point : je ne veux pas passer pour une fieffée sadique (même si j’essaie de faire croire à mes chère têtes blondes que c’est ce que je suis). En fait, je ne résiste pas à vous livrer l’une d’entre elles, cueillie dans une copie d’histoire littéraire de licence 1re année : avez-vous lu le dernier Gala ? On y apprend en effet qu’Iseult vit désormais une grande histoire d’amour avec… Christian ! Une vraie mangeuse d’hommes !

Gargantua

 

Depuis que j’en ai fini avec les copies et je peux me mettre à la préparation de mes cours (pour la thèse, je ne désespère pas), je lis plein de choses rigolotes. Par exemple, savez-vous que les géants au XVIe siècle revêtent un enjeu nationaliste aigu ? Tout part d’un superbe ouvrage, né de la redécouverte de textes babyloniens, égyptiens, araméens, grecs, latins, publiés et commentés par Annius de Viterbe à la toute fin du XVe siècle. Ces textes, perdus puis retrouvés, comme cela arrivait souvent à l’époque, montrent que la civilisation en Europe est née chez les Etrusques, descendants directs des Géants bibliques que sont Noé et sa famille. Sauf que ces textes commentés de près… sont des faux, inventés pour la cause ! Annius organise même de fausses fouilles archéologiques dans sa ville natale, Viterbe, pour appuyer ses conclusions. L’objectif est plutôt réactionnaire puisqu’il s’agit de lancer une contre-Renaissance qui fonde la prééminence italienne sur des ancêtres étrusques et non romains (donc grecs) et justifier le pouvoir terrestre du Pape sur l’ensemble de la péninsule. C’est très amusant, puisque ces thèses (sans la portée polémique et nationaliste de Viterbe en faveur des origines étrusques de la civilisation) sont reprises par divers auteurs au XVIe siècle.

 

L’un de ces auteurs, Jean Lemaire de Belges, nous explique ainsi que les descendants de Noé, les Noachides, se sont installés en Gaule après le Déluge, puis ils sont partis en Asie mineure, à Troie notamment. Lors de la chute de Troie, Francus, le fils d’Hector, est retourné, avec quelques compagnons, sur la terre de ses ancêtres, en France. Charlemagne est issu de cette lignée de Gallogrecs qui ont apporté la civilisation et l’imperium (le pouvoir). Et cette lignée court jusqu’au XVIe siècle : il va de soi que François Ier, par sa taille exceptionnelle à l’époque, descend de ces Géants (là, ce ne sont plus les propos de Lemaire mais une extrapolation de ses thèses). Ses prétentions pour dominer l’ensemble de l’Europe, et plus particulièrement l’Italie, contre Charles Quint, sont donc parfaitement légitimes…

Un rien m’amuse, je sais…

Et tout cela pour parler de Gargantua aux 3e années…

Alors pour nous remettre de ces émotions, une recette toute simple, improvisée ce week-end parce qu’à force de préparer un cours sur Rabelais, la faim commence à se faire sentir… Une base du traditionnel gâteau au yoghourt, un peu adaptée.

cake poires cardamone

 

Gâteau cardamoné à la poire et aux raisins sec :

  • 1 yoghourt (et son pot comme doseur)
  • 1 pot de farine blanche et 1 pot de farine complète T110
  • 2 cuillers à soupe de miel de châtaigner
  • 1/2 pot d’huile
  • 3 oeufs
  • 1/2 cuiller à café de cardamone verte en poudre
  • 1 cuiller à café de cannelle
  • 2 ou 3 poires coupées en morceaux
  • raisins de Corinthe (mais peut-être sont-ils en fait étrusques, qui sait ?) secs (bios de préférence, car sans sucre ajouté, sinon, réduire les quantités de sucre)

Tout mélanger. Enfourner à four moyen (je n’ai toujours pas de thermostat. Je dirais 180°C maximum). Laisser cuire une demi-heure: le gâteau est cuit quand un couteau glissé dans la pâte ressort sec.

C’est déjà prêt !

Le jeu sur l’origine de mes titres est toujours valide. Un indice : ce n’est pas un vers, mais il s’agit bien d’un texte du XVIe siècle.

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“Te promettant m’acquitter pour l’amende”

Depuis que nous avons déménagé, nous avons fichtrement changé de standing… Deux pièces, un ascenseur (que je n’emprunte jamais), une concierge… Il faut assurer… Or, l’année vient de commencer, et il a bien fallu songer aux étrennes !

Quand j’étais petite, toute la famille se réunissait chez nous pour fêter Noël… mais jamais à la bonne date. J’ai des souvenirs de gâteaux maison en série, de tartes et… de fruits déguisés. A l’époque, ma mère achetait une pâte d’amande tricolore dans le commerce. Cela ne me choquait pas (le charme des années 1980 !), mais c’est aujourd’hui au-dessus de mes forces. J’ai donc mis la main à la pâte (d’amande), avec quelques couacs : plus vraiment de sucre en poudre à la maison (en fouillant bien, j’ai ressorti un pot de confiture plein de sucre dans lequel se noyaient deux gousses de vanille), pas de colorant alimentaire (mais j’y survivrai sans problème) et surtout pas d’arôme d’amande (j’ai quelques doutes sur leur innocuité et je n’ai pas trouvé d’alternative au magasin bio du quartier). Je me suis inspirée d’une recette de Clémentine Wolfensberger, mais j’ai divisé les proportions de sucre par deux – on peut encore réduire selon moi. Vous savez quoi ? Je ne pourrai plus manger de la pâte d’amande du commerce, et mon cobaye a pris un nouveau goût de luxe.

fruits déguisés

Fruits déguisés :

  • 125g d’amandes en poudre
  • 60g de sucre roux (la prochaine fois, j’essaierai le sucre glace, histoire que cela croque moins sous la dent)
  • 1 blanc d’oeuf
  • des dattes et des abricots secs bios (donc moins sucrés: on apprécie mieux l’alliance des fruits secs et de la pâte d’amande), ou encore des cerneaux de noix

Mélangez les amandes et le sucre. Battez le blanc à la fouchette afin d’obtenir un mélange mousseux. Ajoutez le blanc aux amandes et au sucre et malaxez. C’est prêt ! Si si…

Trouvez une victime: type cobaye qui dévore tout ce que vous lui posez sous le nez. Muselez-le fermement afin d’éviter tout détournement de friandise mais faites-lui miroiter la possibilité de goûter les restes. Fendez les dattes et les abricots, ôtez le noyau des dattes et fourrez les fruits d’une boule de pâte d’amande. Pour les noix, glissez une boule de pâte d’amande entre deux cerneaux.

Disposez vos fruits déguisés sur un plat que vous tiendrez à bonne distance du cobaye et de Pascaline. En cas de besoin, vous pouvez toujours les menacer de les mettre à l’amende…

Petit post-scriptum sur le titre du billet : je me suis rendue compte avec délice du nombre de visites involontaires sur ce blog. Les visiteurs étaient éhontément trompés par l’insertion de vers ou d’extraits poétiques. Je lance donc un nouveau mini-jeu : de qui sont ces vers ? A charge pour moi de faire correspondre un vers et une recette ! Ce n’est pas gagné… L’identification ne devrait pas poser trop de problèmes, promis !

Mise à jour du 3 février :

J’ai récidivé cette semaine pour que mes étudiants, en partiel, reprennent un peu d’énergie au milieu de l’épreuve. J’ai encore réduit le sucre (à peine 50g) et ajouté un demi-bouchon d’eau de rose. J’ai trouvé cette pâte d’amandes encore meilleure, surtout après deux trois jours dans une boîte hermétique au réfrigérateur. A refaire, vraiment !

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