Archive pour Salé

La Princesse de Clèves aurait-elle été “publiante”?

Telle est la question posée par une enseignante-chercheuse manifestant aujourd’hui à Paris, dans un cortège réunissant – je cite une chaine vaguement “publique” – entre 17000 et 50000 personnes.

Je ne vais pas vous laisser sans recette, car c’est quand même, ici, un blog de cuisine. Mais désormais, je fais de la cuisine militante. La recette du jour figurera donc un peu plus bas.

J’ai envie, aujourd’hui, de vous faire partager ce beau pastiche de Jean-Philippe Grosperrin, éminent dix-septièmiste (entendez: spécialiste de la littérature du XVIIe siècle). Je reproduis ici le pastiche publié par Fabula. Sur cette même page de Fabula, je vous conseille aussi “L’Hypertrichose palmaire”, qui met bien les points sur les i au sujet de la prétendue fainéantise des enseignants-chercheurs.

Voici, donc, La Princesse de Clèves, revue et corrigée.

Mme de Pecqueresse et M. de Sarquise

Un pastiche signé Jean-Philippe Grosperrin.

La magnificence et l’économie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Nicolas premier. Ce prince était galant, mobile et amoureux ; quoique sa passion pour la vitesse eût commencé il y avait plus de vingt ans, elle n’en était pas moins violente, et il n’en donnait pas des témoignages moins éclatants. […]

Il parut alors une réforme à l’université, qui attira les yeux de tout le monde, et l’on doit croire que c’était une réforme hasardeuse, puisqu’elle donna de l’indignation dans un lieu où l’on était si accoutumé à en voir de belles. Elle était de la même maison que l’ocde et une des plus grandes aventurières de France. Son père était introuvable, et l’avait laissée sous la conduite de Mme de Pecqueresse, dont le bien, la vertu et le mérite étaient extraordinaires. Après avoir perdu le temps à lire les oeuvres de monsieur Goethe et de monsieur Derrida, elle avait passé plusieurs années sans revenir à la cour. Pendant cette absence, elle avait donné ses soins à la formation de sa fille, mais elle ne travailla pas seulement à cultiver son esprit et sa beauté, elle songea aussi à lui donner de la performance et à la lui rendre aimable. La plupart des mères s’imaginent qu’il suffit de ne parler jamais de l’université devant les jeunes personnes pour les en éloigner. Mme de Pecqueresse avait une opinion opposée, elle faisait souvent à sa fille des peintures de l’université ; elle lui montrait ce qu’elle a d’agréable pour la persuader plus aisément sur ce qu’elle lui en apprenait de dangereux, elle lui contait le peu de productivité des professeurs, leur incurie et leurs prés carrés, les malheurs scientifiques où plongent les recrutements ; et elle lui faisait voir, d’un autre côté, quelle prospérité suivait la vie des ressources humaines, et combien la lru donnait d’éclat et d’évaluation à une personne qui avait de la docilité et de la performance, mais elle lui faisait voir aussi combien il était difficile de conserver ces vertus, que par une extrême défiance des autres et par un grand soin de s’attacher à ce qui seul peut faire le bonheur d’un chercheur, qui est d’aimer son président et d’en être caressé.

* * *

Elle passa tout le jour chez elle à se réformer, pour se trouver le soir au bal et au festin royal qui se faisait au Palais Universitaire. Lorsqu’elle arriva, l’on admira sa beauté et sa parure ; le bal commença et, comme elle dansait avec M. de Sarquise, il se fit un assez grand bruit vers la porte de la salle, comme de quelqu’un qui entrait et à qui on faisait place. Mme de Pecqueresse acheva de danser et, pendant qu’elle cherchait des yeux quelqu’un du comité de sélection qu’elle avait dessein de prendre, le roi lui cria de prendre celui qui arrivait. Elle se tourna et vit un homme qu’elle crut d’abord ne pouvoir être que M. de Secours, qui passait par-dessus quelques décrets pour arriver où l’on dansait. Ce prince était fait d’une sorte qu’il était difficile de n’être pas surprise de le voir quand on ne l’avait jamais vu, surtout ce soir-là, où le soin qu’il avait pris de s’autonomiser, augmentait encore l’air brillant qui était dans sa personne, mais il était difficile aussi de voir Mme de Pecqueresse pour la première fois sans en avoir un grand étonnement.

M. de Secours fut tellement surpris de sa lru que, lorsqu’il fut proche d’elle et qu’elle lui fit la révérence, il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration. Quand ils commencèrent à danser, il s’éleva dans la salle un murmure de louanges. Le roi et les reines se souvinrent qu’ils ne s’étaient jamais lus, et trouvèrent quelque chose de singulier de les voir danser et se jauger sans se connaître. Ils les appelèrent quand ils eurent fini sans leur donner le loisir de parler à personne et leur demandèrent, s’ils n’avaient pas bien envie de savoir qui ils étaient et s’ils ne s’en doutaient point.

– Pour moi, madame, dit M. de Secours, je n’ai pas d’incertitude, mais comme Mme de Pecqueresse n’a pas les mêmes raisons pour deviner qui je suis que celles que j’ai pour la reconnaître, je voudrais bien que Votre Majesté eût la bonté de lui apprendre mon rang.

– Je crois, dit Mme la dauphine, qu’elle le sait aussi bien que vous savez le sien.

– Je vous assure, madame, reprit Mme de Pecqueresse, qui paraissait un peu embarrassée, que je ne réforme pas si bien que vous pensez.

– Vous réformez fort bien, répondit Mme la dauphine, et il y a même quelque chose d’obligeant pour M. de Secours à ne vouloir pas avouer que vous l’évaluez sans l’avoir jamais lu.

Les amateurs auront apprécié, je n’en doute pas.

Moi, je me suis contentée, aujourd’hui, d’enseigner une nouvelle chanson de manif à mes camarades de manifestation:

Sur l’air du lapin et du chasseur de Chantal Goya: “Ce matin – un crétin – a tué un chercheur. C’était un crétin – qui – C’était un crétin – qui – s’app’lait S…..y”

Yoric a rappelé récemment les revendications des acteurs du Supérieur qui n’ont certainement pas reçu de “preuves d’amour” de leur ministre, mais au contraire du mépris.

Mais pour manifester, il faut des forces:

tarte potimarron comté

Tarte toute simple au potimarron et au comté :

  • 2 verres de farine grise
  • 3 cuillers à soupe d’huile d’olive
  • 1/2 verre d’eau tiède
  • 1 potimarron moyen
  • comté

Préparer la pâte à tarte : mélangez la farine, l’huile et l’eau. Etalez la pâte dans un moule.

Faites cuire le potimarron, soit en l’immergeant dans un grand volume d’eau, soit en le découpant en morceaux que vous ferez cuire avec un peu d’eau dans une casserole couverte. Ecrasez la chair du potimarron (à la fourchette, cela marche très bien). Salez si vous le souhaitez. Répartissez le potimarron sur la pâte, disposez des lamelles de comté au-dessus de l’ensemble et enfournez, à four chaud, pendant envron 20 minutes (à 180°C, c’est bien).

A déguster, par exemple, avant de participer à la lecture marathon de La Princesse de Clèves le lundi 16 février, devant le Panthéon, à partir de 15h. Tout le monde peut participer!

Mise à jour du 11 février:

Le Comié Lafayette du pays d’Aix organise une lecture-marathon de La Princesse de Clèves, décidément subversive, le mercredi 18 février de 14h à 20h, place de la Mairie à Aix.

Et une autre manifestation à Grenoble: De quoi La Princesse de Clèves est-elle le non? Jeudi 12 février de 13h30-15h30, amphi 5.

Mise à jour du 14 février:

D’autres lectures, à Montpellier le jeudi 19 janvier. Rendez-vous à 14h devant le café Joseph, place Jean-Jaurès et à Tours le lundi 16 février (texte original et traductions en différentes langues). A Tours, l’ouverture de la lecture se fera à l’Université, 3 rue des Tanneurs, dans le hall, puis salle 67. La fin de la lecture se fera à 20, à la librairie La Boîte à Livres, 19 rue Nationale. Signalons également diverses lectures de proximité un peu partout dans la ville. Avignon sera aussi de la partie le mardi 17 février, à la gare centrale, à partir de 15h30.

Source: Fabula.

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Lasagne Day

En ce moment, je croule sous les copies: je corrige en série, souvent jusqu’à deux heures du matin avant d’attraper mon train pour la Picardie, vaille que vaille… Alors, quand j’ai vu se rapprocher dangereusement la date limite du Lasagne Day, je me suis demandée, entre un commentaire de “La Laitière et le pot au lait” et un autre sur “Le Chartier embourbé”, si je n’allais pas proposer des lasagnes de prof. Mesdames et messieurs… les voici!

Alors il vous faut:

  • cinq copies doubles, avec, si possible, tout plein de fautes d’orthographe
  • des perles d’étudiants
  • un stylo rouge

Bon, je l’admets, c’est un peu indigeste…

En fait, je ne ne suis pas certaine que chacun ait ces ingrédients sous la main. Voici donc une autre version, faite avec les fonds du réfrigérateur parce que je n’ai pas trop le temps de faire les courses. Le résultat est un peu trop salé à mon goût, mais j’ai l’habitude de manger sans sel.

lasagnes tomates courgettes chèvre

Lasagnes aux courgettes séchées, tomates confites, verts de poireaux et brebis frais

Pour deux personnes:

Pour la pâte:

  • 2 oeufs (en fait, une troisième couche eût été la bienvenue mais j’ai fait avec ce que j’avais: prévoir 3 oeufs peut-être)
  • 200g de farine, T 80 pour moi (300g si 3 oeufs)

Pour la garniture:

  • Courgettes séchées marinées dans l’huile
  • Tomates séchées confites dans l’huile (maison pour moi, donc à l’huile d’olive et à l’ail)
  • 1 fromage de brebis frais (120g, acheté au bio, c’est bien meilleur). Je verrai bien aussi la recette avec des tomates cerises, mais en l’état, je ne suis pas satisfaite de leur mode de production et de leurs emballages bien polluants.
  • 100g de comté
  • des verts de poireaux coupés en petits morceaux
  • un peu d’huile d’olive

Pour faire la pâte: sortez à l’avance vos oeufs afin qu’ils soient à température ambiante. Dans un saladier, versez la farine, faites un puits et cassez-y les oeufs. Mélangez puis passez au laminoir jusqu’à l’épaisseur souhaitée (moi, je m’arrête à l’avant-dernier cran) si vous avez une machine à pâtes. Sinon, étalez la pâte au rouleau à pâtisserie.

Dans un plat à gratin, versez un filet d’huile d’olive et déposez une première feuille de pâte fraîche. Répartissez des courgettes séchées, les tomates, et une partie du fromage frais. On peut éventuellement ajouter un peu de crème mais je ne l’ai pas fait. Recouvrez d’une feuille de pâte puis des verts de poireaux. Emiettez encore un peu de fromage frais. Alternez les couches en fonctions des quantités et de vos envies. Terminez par une couche de pâte recouverte de bon comté. Enfournez à chaud (180°C, au pif, car toujours pas de thermostat) pour demi-heure.

Voilou!

PS: les yoghourts marchent du tonnerre, je vous résume cela un de ces jours. Je tiens le bon bout, ça y est!

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Ma nouvelle maison…

J’ai fait ma rentrée dans ma nouvelle fac – et dans une nouvelle ville. Temps de transport multiplié par quatre, une nuit sur place, mais heureusement, pour le moment, les étudiants sont sympathiques. J’ai toutefois un petit pincement au coeur car je voyais évoluer dans mon ancienne fac des étudiants que j’avais eus en première année et que je retrouvais un ou deux ans plus tard. Certains venaient même me voir en salle des profs pour me donner de leurs nouvelles. Avant-hier soir, même, j’ai reçu un très gentil mail d’une de mes étudiantes de l’an dernier pour me souhaiter une bonne rentrée et me donner quelques nouvelles. Cela m’a vraiment touchée. Je devrai pour les autres me tenir au courant par mes collègues restés sur place, mais ce n’est pas tout-à-fait pareil.

campus

J’aime bien la rentrée, quand je découvre mes nouveaux étudiants – en particulier les premières années, tout timides, qu’il faut rassurer. Et puis, il y a ceux qui veulent faire croire qu’ils maîtrisent tout et qui se campent dans un coin avec un air désabusé – ça aussi, c’est émouvant. C’est le moment où beaucoup de choses se jouent: savoir montrer l’enjeu du cours et intéresser immédiatement les étudiants, leur donner le maximum d’armes pour que tout se passe bien – c’est le plus difficile, car la liberté de la fac est souvent mal comprise. L’absentéisme et l’absence de travail régulier et approfondi entraînent pas mal d’échecs qui pourraient être évités, mais c’est si grisant pour eux de quitter le lycée! En tant qu’enseignante, je me retrouve à jongler entre un minimum d’autorité un peu (très) scolaire et une distance nécessaire avec ce que je leur enseigne. C’est toujours un sacré pari – et c’est tellement motivant. Bon, quand tombent les premiers devoirs à corriger, le désespoir est inévitable: ils avaient pourtant l’air de comprendre! Je leur ai posé la question quinze fois, ils m’ont soutenu que c’était clair! Aaaaaaahhhhh!

Tous ces transports (RER, train, taxi collectif en quatrième vitesse car je dispose d’à peine un quart d’heure pour rejoindre la fac depuis la gare avant le début de mon premier cours) donnent bien évidemment des envies de réconfort. D’autant que mon cher et tendre travaille, géographiquement, à l’opposé, ce qui fait que nous finissons la semaine bien fatigués! Nous nous sommes donc remis au risotto, dans une nouvelle version, aux coeurs d’artichauts marinés.

risotto_coeurs_artichauts

Risotto aux coeurs d’artichauts pour se remettre des longues heures en train – et un peu de la rentrée :

pour deux personnes

  • 200g de riz arborio
  • 1/2 L de bouillon de légumes bien chaud
  • 1 bon verre de vin blanc
  • 2 coeurs d’artichaut marinés à l’huile d’olive
  • parmesan
  • huile d’olive
  • 1/2 oignon rouge
  • une gousse d’ail

Faites chauffer un peu d’huile d’olive dans une casserole. Faites-y revenir l’oignon émincé ainsi qu’une gousse d’ail écrasée. Coupez vos coeurs d’artichauts marinés en gros morceaux et faites-les également revenir doucement. Ajoutez enfin le riz, afin qu’il soit translucide. Versez alors un demi verre de vin blanc en augmentant le feu. Quand le liquide est absorbé, ajoutez le reste du vin. Quand le liquide est à nouveau absorbé, ajoutez une louche de bouillon et agissez de même jusqu’à arriver au bout des réserves de bouillon. Le risotto doit alors être bien crémeux. Sortez du feu, ajoutez le parmesan et régalez vous, emmitouflés dans un plaid tout doux et confortable.

Ce billet traîne depuis trop longtemps en brouillon – et il risque d’y rester longtemps si j’attends d’avoir le temps d’y joindre des photos. Donc, comme d’habitude, les photos le plus vite possible, entre une césure épique et une césure lyrique et entre deux paquets de copies surtout.

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Fan(es) de carottes !

Je poursuis sur ma lancée “Rien ne se perd, tout se cuisine!”. A l’occasion d’un pique-nique très professionnel (les présents le confirmeront) au jardin du Luxembourg, j’ai tenté une nouvelle expérience afin de goûter ces petites choses que l’on écarte régulièrement en cuisinant et qui finissent malheureusement à la poubelle. Après les verts de poireaux, j’ai testé… les fanes de carottes!

Pour l’occasion, j’ai mixé les fanes avec un fromage de chèvre frais pour obtenir une crème à dipper à l’aide de bâtonnets de… carottes, bien sûr! Autre possibilité, testée le lendemain avec les restes: on peut intégrer la crème à des pommes de terres sautées, en fin de cuisson. Petit goût chlorophyllé et légèrement amer pas mauvais du tout!

creme_fanes_carottes

Crème fan de carottes :

  • 200g de chèvre frais
  • les fanes de 6 belles carottes
  • 1 cuiller à soupe d’huile d’olive

Détachez les fanes de carottes de la tige principale et mixez-les avec 200g de fromage de chèvre frais et 1 cuiller à soupe d’huile d’olive. C’est prêt, et c’est meilleur préparé la veille !

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J’aime les pizze !

A force de courir dans tous les sens, je n’ai plus le temps de mettre à jour ce blog… Alors, je vous résume: j’ai corrigé un monceau de copies en six jours (pas de panique, les prochaines arrivent bientôt), poursuivi mes dossiers de recherche d’emploi pour l’an prochain (ah ! les dossiers d’ATER, un vrai poème…), participé à une journée d’étude sur mon imprimeur lyonnais préféré, fabriqué, timbré et envoyé des faire-part, assuré une permanence de remise des copies et… reçu de jolis cadeaux de quelques étudiants! ça, je ne m’y attendais pas et cela m’a beaucoup touchée. Ils vont me manquer… Ah ! je prépare également d’arrache-pied le concert de mardi 17 (auquel vous êtes tous cordialement invités, église Saint-Germain-des-prés, 20h30)… Et je rédige ma thèse, mais là, c’est comme d’habitude…

Alors vous vous en doutez, je n’ai pas toujours la tête à faire de la grande cuisine et le temps incertain me donnent envie de plats bien réconfortants. Dans cette dernière catégorie entre la pizza maison. Et celle de ce soir était, au dire de mon cobaye, l’une des meilleures des nombreuses pizze que je lui fais ingurgité dans mes phases d’épuisement.

Quel est mon secret ? Tout d’abord, une bonne pâte maison, dont la recette a été subtilement copiée sur le blog de Claire. J’ai utilisé de la farine T 80, cela change vraiment le goût. Pour la sauce tomate, comme ce n’est pas la saison, j’emploie de la purée de tomates du commerce. Et là, j’en ai découvert une succulente au magasin bio, vendue dans une bouteille de verre et en provenance d’Italie (hélas, de l’importation… pas très écolo, je l’admets). Cela change vraiment tout : pure tomate savoureuse, sans adjonction de quoi que ce soit, même de sel. Et la dernière petite touche, également découverte lors de mon dernier passage au bio: les courgettes séchées marinées à l’huile (oui, bon, également en provenance d’Italie), achetées pour agrémenter mes boîtes de repas à la BnF (Claire, c’est quand tu veux…). Bah c’est bien bon !

pizza sauvée de la gourmandise de Sophie

Pizza de l’executive woman qui a besoin d’être réconfortée

Pour deux pizze (j’suis sno-ob !)

pour la pâte:

  • un petit verre d’eau tiède
  • 2 cuillers à café de sucre
  • 2 cuillers à soupe d’huile d’olive
  • 250 g de farine T 80 (parce que c’est bien meilleur comme cela !)
  • 1 cuiller à café de levure fraîche de boulanger

pour la garniture:

  • purée de tomate divine dont je vous ai parlé
  • origan
  • comté rapé
  • brousse
  • cubes de jambon vendéen bien épais
  • rondelles de courgettes séchées
  • olives noires

Dans un saladier, battez à la fourchette l’eau tiède, l’huile, le sucre, la levure. Ajoutez la farine et formez une belle boule de pâte souple. Couvrez et laissez reposer une bonne heure.

Faites votre pain en attendant, lisez vos mails, prenez une bonne douche… Faites-vous plaisir, quoi !

Quand votre pâte a bien monté et pris ses aises dans le saladier, faites-lui violence: divisez-là en deux et étalez votre pâte. Répartissez un peu de purée de tomate que vous aurez élégamment origanée. Parsemez de comté rapé et de brousse et disposez des olives noires. Enfournez (à four très chaud – surtout ne me demandez pas le thermostat !). Quand votre pizza est cuite ajoutez les cubes de jambon et les rondelles de courgettes.

Préservez votre plat du regard concupiscent de Sophie et régalez-vous !

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“pan pan pan, pan pan pan, belle Bérengère…”

Ah ah ! Changement de siècle pour la citation… Mais je ne devrais pas prendre les lycéens à la glue avec ce billet. En revanche, Ronsard et son “Mignonne, allons voir si la rose…” ont un succès fou en ce moment : le nombre de visites inopinées de lycéens en perdition explose depuis quelques jours. Il faut croire qu’une horrible prof de français a donné le poème en commentaire, à rendre pour le retour des vacances d’hiver et que certains s’y prennent un peu au dernier moment !

Bon, passons aux choses sérieuses, car je suis débordée en ce moment (pour changer…) !

Quand on cuisine, il y a souvent – trop souvent même – des restes. Avant de me lancer dans le gratin d’épluchures de navets ou dans la tarte aux feuilles d’artichauts, je teste ce qui a encore l’air comestible. Cette fois, le challenge portait sur des verts de poireaux dont les blancs avaient dû servir à la confection d’une tarte. Point de racisme chez moi! Pourquoi privilégier les blancs et jeter les verts? La soupe ou le bouillon, c’était trop simple. J’ai donc opté pour des raviolis vapeur aux verts de poireaux, trouvés chez Popeline. Nous étions très contents du résultat, mais il me semble qu’il y a encore un petit truc à ajouter : je ne sais pas encore quoi, mais je trouverai !

raviolis de verts de poireaux

Raviolis aux verts de poireaux :

Pour deux personnes :

  • 100g de farine
  • verts de poireaux (pas d’idée du poids, mais cela tenait, bien tassé, dans une boîte d’1L de glace. Le vert de 4 poireaux? Popeline indique 200g)
  • 2 cuillers à soupe d’huile d’olive
  • eau
  • 1 yoghourt nature
  • sel
  • 1/2 gousse d’ail
  • 1 cuiller à café de curry (2 cuillers à soupe chez Popeline)

Découpez les verts de poireaux en tout petits morceaux. Faites-les fondre doucement dans de l’huile d’olive avec le curry.

Mélangez la farine, l’huile et un peu d’eau, afin d’obtenir un pâte élastique et non collante. Etalez la pâte le plus finement possible. Découpez des carrés et disposez-y une bonne portion de verts de poireaux. Fermez les raviolis et appuyez bien sur les bords. Déposez-les dans le cuit-vapeur et faites-les cuire une vingtaine de minutes.

Pendant ce temps, mélangez le yoghourt avec une demi-gousse d’ail écrasée et un peu de sel.

Il ne vous reste plus qu’à servir vos raviolis avec le yoghourt salé. Bon appétit !

La prochaine fois, j’essaie les raviolis aux griottes!

Pour les photos, je sais que je n’assure pas trop en ce moment, mais je les mets le plus rapidement possible en ligne, même si elles ne sont pas superbes pour l’éclairage… Les photos de nuits en lumière artificielle, il y a mieux, je sais. Vivement les beaux jours !

PS : à celle qui est arrivée sur ce blog en pianotant “voilà, je me suis encore goinfrée !”, je tiens à dire que je suis extrêmement vexée. ON NE SE GOINFRE PAS CHEZ MOI !!! Non mais dites donc !

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Navet’attitude

C’est les vacances!!! A moi les grandes balades et les longues randonnées dans la verdure des Buttes Chaumont ou du Jardin du Luxembourg, humant à pleins poumons le bon air parisien… A moi… la Bibliothèque nationale pour avancer la rédaction de ma thèse, car j’aimerais bien la soutenir cette année, cette &#*%! de thèse.

Et pour bien travailler, il faut bien manger. J’ai donc décidé de partir en croisade (laïque, rassurez-vous) pour la défense et illustration d’un légume trop souvent décrié et rejeté sans pitié: le navet. Le navet, me direz-vous, je l’ai subi à la cantine, cette chose en forme de bâtonnet improbable, jaunâtre. Le navet, me confirmerez-vous, ce n’est pas bon.

Bon, reprenons les choses à zéro. Le navet en cuisine, c’est comme le navet au cinéma: il faut savoir l’accommoder comme il faut pour l’apprécier pleinement. Il faut aussi savoir le choisir: il y a navet et navet. En cuisine, c’est pareil: laissez tomber les navets en boîte, voire les navets surgelés. Délaissez les navets des bacs de supermarchés et goûtez le petit navet du maraîcher, vous verrez, c’est autre chose. Je songe sérieusement à fonder un club pour la réhabilitation du navet dans nos assiettes. Il suffit de les réintroduire dans nos assiettes progressivement et, dans un bon environnement, vous verrez, ils se reproduiront très bien.

Je vous propose donc, pour commencer (et pour aider les navetophobes à revoir leur position), le gratin de ravioles aux navets. J’avais initialement prévu d’y ajouter du saumon, et j’ai complètement oublié par la suite…

gratin de ravioles, navets et saumon

Gratin de ravioles aux navets, première action en vue de la réintroduction du navet dans nos assiettes:

Pour deux personnes.

  • 4 plaques de ravioles de Roman au comté
  • Une dizaine de navets (en fonction de leur taille – évitez les navets trop gros, ils sont plus fibreux)
  • Crème liquide (à 5%, cela marche très bien)
  • Poivre (et sel pour ceux qui y tiennent. Le sel du comté me suffit pour ma part)

Epluchez les navets et cuisez-les à la vapeur. Coupez-les en tranches pas trop fines. Dans un plat à gratin , disposez une couche de tranches de navets sur laquelle pour déposerez deux plaques de ravioles (dans mon plat, c’est parfait, cela couvre la surface). Disposez une nouvelle couche de navets, deux autres plaques de ravioles et une dernière couche de navets. Répartissez la crème sur l’ensemble (j’ai dû en mettre 15 cL). Poivrez. Vous pouvez ajouter un peu de fromage mais il me semble que le comté des ravioles suffit. Enfournez à four moyen (180°C, je dirais, mais sans garantie, faute de thermostat sur le mien) et laissez cuire une vingtaine de minutes.

Bon appétit!

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Magine, Tagine, Sagine…

Au Maroc, on mange du couscous, de la harira, une boîte de sardines à l’huile, du pain aux olives, le saussiflard importé de France pour les crises d’hypoglycémie en montagne et parfois, on mange… un tagine !

Mais attention, il y a au moins deux qualités (si ce n’est deux natures) de tagine :

  • Le tagine (substantif au genre indéterminé) qu’on vous sert dans le restaurant lambda : ce n’est pas un vrai tagine. Le tagine tire en effet son nom, comme le pot-au-feu, du plat dans lequel il a été préparé, quels que soient ses ingrédients. Il y a de très fortes chances pour que le tagine du restau ait été préparé à côté : quelques légumes et éventuellement un bout de viande préparés plus tôt, disposés à la dernière minute dans le plat mis sur le feu pour la forme et surtout pour réchauffer l’ensemble. Ce faux tagine est facile à reconnaître : le fond du plat n’est pas noir on sera d’accord pour vous le servir le soir (avec des couverts). Vous attendrez avant d’être servi.
  • Le bon vrai tagine (substantif masculin) de gargote : a priori, vous le trouverez le midi, dans les bouis-bouis du village. Très facile à repérer : une devanture en arabe, une petite table flanquée devant et un tagine posé sur le kanoun (le récipient qui contient les braises) lui-même posé sur la petite table. Là, vous êtes sûrs de vous régaler: on vous servira immédiatement la bête (qui mijote depuis des heures), encore bouillonnante, avec du pain. Le fond sera noir (quelques oignons qui auront attaché) et surtout, il y aura tout plein d’oignons fondus. Ce tagine se mange sans couverts, avec les mains et du pain (bon, si vous y tenez ou si vous avez peur de vous ébouillanter les doigts, vous pouvez essayer avec des couverts – mais c’est moins bon, croyez-moi !).

Si vous avez la possibilité de vous procurer un tagine (le plat en terre), vous aurez le choix entre un tagine au couvercle conique et un tagine au couvercle arrondi. Privilégiez le deuxième: le premier est en général moins profond et le jus déborde lors de la cuisson. Surtout, vous pourrez y mettre moins de légumes à cause de la forme du couvercle. Je crois n’avoir jamais vu de tagine arrondi verni. En revanche, on trouve souvent des tagines coniques vernis, qui sont en fait toxiques (le vernis contiendrait du plomb).

Avant la première utilisation du tagine, immergez le plat pendant une nuit dans de l’eau puis versez-y un fond d’huile d’olive. Laissez reposer quelques heures. Votre plat est désormais prêt à l’emploi !

Cette année, je me suis bien tenue : je n’ai pas acheté de nouveau tagine et je me suis contentée d’un joli pot et d’assiettes en terre (pas du tout encombrant ou lourd dans le taxi collectif…). Mais j’ai également ramené de quoi faire un délicieux tagine à la maison: des olives et des citrons confits… de quoi confectionner un bon tagine de poulet aux olives et aux citrons confits.

tagine poulet citron olives

Tagine de poulet aux olives et aux citrons confits :

  • 3 belles cuisses de poulet
  • 2 gros oignons rouges
  • des olives rouges (ou vertes), à doser en fonction du goût (pour moi, dans les 125g, au pif)
  • 1 citron confit (acheté ou fait maison)
  • huile d’olive
  • 1 petite cuiller à café de gingembre en poudre
  • 1 demi-cuiller à café de curcuma
  • 1 petite cuiller à café de cannelle
  • 1 bonne cuiller à café de cumin en poudre
  • poivre
  • coriandre et persil plat frais, si la saison le permet

Emincez les oignons et tapissez-en le fond du tagine avec de l’huile d’olive (soyez généreux sur l’huile d’olive)

Mélangez les épices à 2 cuillers à soupe d’huile d’olive. Massez les cuisses de poulets avec ce mélange et disposez-les dans le plat. Ajoutez les olives et le citrons confit coupé en quartiers. Versez le reste du mélange d’huile et d’épices. Posez le couvercle et faites mijoter à feu très très doux pendant au moins une heure et demi (deux heures ou plus, c’est mieux. Plus c’est long, meilleur c’est). Un quart d’heure avant la fin, parsemez le plat des herbes finement hâchées.

Pour le service, c’est meilleur dans le plat, avec du pain !

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Il est partiiiiiiiiii!!!!!!!!!

Et la plus malheureuse, ici, c’est Pascaline (contrairement à Marion qui a dû se jeter sur son colis en arrivant chez elle). Oui, vous l’avez compris, Marion est passée chercher son blogcolis et Pascaline reste toute seule face à son désespoir. Elle qui avait encore tenté, ces derniers jours, de dissimuler l’objet de ses fantasmes et désirs les plus fous…

pascaline s'enfuit avec le blogcolis

Pour la consoler, nous avons décidé de la saouler. Mais bon, comme Pascaline est encore un peu jeune, nous ne l’avons pas directement plantée devant un verre de vodka ou de lemoncello. Non, nous lui avons concocté un risotto au vin rouge et aux noisettes.

risotto au vin rouge et aux noisettes

Risotto au vin rouge et aux noisettes pour consoler Pascaline :

Pour deux personnes, plus une petite tortue :

  • 200g de riz pour risotto
  • 500 mL de bouillon de légumes
  • 1 verre et demi de vin rouge
  • 18 noisettes (exactement ! Vous vous en serez aperçus, je suis toujours d’une précision diabolique dans les recettes…)
  • 1/2 oignon rouge
  • 1 gousse d’ail
  • parmesan
  • huile d’olive
  • poivre

Dans une casserole d’huile chaude, faites fondre l’oignon écrasé et la gousse d’ail émincée (ah non ! c’est l’inverse). Ajoutez-y le riz. Quand il est devenu translucide, versez du vin, jusqu’à ce que le riz soit recouvert, pas plus. Quand le riz a absorbé tout le liquide, ajoutez à nouveau un peu de liquide (vin ou bouillon). Répétez l’opération jusqu’à épuisement des stocks. Attention, ajoutez bien le liquide par petites quantités une fois que la dose précédente est entièrement absorbée. En cours de route, ajoutez les noisettes (j’y ai pensé un peu tard, mais je pense qu’elles auraient gagnées à être intégrées en même temps que le riz : les risques des recettes improvisées !). Ôtez du feu quand le risotto est encore crémeux, ajoutez-y un peu de poivre ainsi que du parmesan et servez à Pascaline déconfite.

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Quand François s’empare de ma cuisine: peut-on être deux sur un blog de cuisine ?

Souvenez-vous (pour ceux qui étaient là…). Au mois de mai, je publiai mes premières recettes sur ce blog et je commençai par une recette des muffins de Charlotte. Depuis, le cobaye de Charlotte s’est également installé aux fourneaux (quoique… je l’y avais déjà vu auparavant) et m’envoie régulièrement des bouts de recettes à expérimenter. Comme il ne m’envoie pas les photos, il me faut les refaire pour les publier… Dure tâche, vous l’imaginez ! Non pas parce que ces innovations seraient mauvaises, nauséabondes ou improbables… Non. Plutôt parce que je ne suis jamais parvenue à suivre une recette à l’identique : je n’ai pas les bons ingrédients, quelque chose ne me plaît pas (en général, cela a trait à la quantité de matière grasse ou de sucre), j’ai oublié la moitié des courses, j’ai été enlevée par des extra-terrestres qui m’ont convaincue que le texte original était codé et qu’il fallait donc substituer certains ingrédients à d’autres…

J’ai cependant repris les choses en main : ce soir, j’ai enfin confectionné la dernière recette commise par François (qui devrait songer à ouvrir une section “cuisine” dans son blog: la cuisine des elfes, la cuisine des fées, la cuisine de Rabelais, la cuisine de Crane…). Ce soir, je vous présente…….. (roulement de poireaux)…… le gratin de saumon et poireaux à la franciscaine (tadaaaaaaaa!).

Je vous livre son message :

Encore une recette que j’ai inventée, que je trouve très bonne, et que je te donne à diffuser après essai. Les quantités sont un peu au pif, tu ajusteras si nécessaire.” (ça commence bien : des quantités au pif, qu’on me demande d’ajuster. Tu prends des risques, mon gaillard !)

Et de conclure:

“Ce qui est proprement génial avec cette recette, c’est l’alliance inattendue carvi/parmesan/gingembre. Je suppose que tu peux faire des variations avec d’autres poissons et d’autres légumes.

Quelques grains de sable (par bonheur restés hors du plat) se sont cependant glissés dans cette recette si bien rôdée. En particulier, ce qui faisait l’intérêt de cette recette selon François a été parfaitement maltraité: mon morceau de gingembre, si beau, si frais dans mon souvenir… était tout rabougri (séjour trop long au réfrigérateur); pas de graines de carvi à l’horizon. Par chance, nous avions du parmesan, beaucoup de parmesan (je vous renvoie à mon précédent billet sur mon retour d’Italie). Bref, je vous livre ce qui reste de la recette, qui était cependant très bonne, quoique réalisée avec les épices du bord.

gratin à la franciscaine

Gratin de saumon et de poireaux à la franciscaine :

(Heureusement que Rabelais n’était pas dominicain… Je n’aurais pas eu le droit de changer la recette sans passer devant l’Inquisition – “Nobody expects the Spanish Inquisition !”)

  • 3 poireaux (je n’en avais que deux – un et demi en fait vue la taille du deuxième poireau. J’ai complété avec des blancs de poireaux surgelés)
  • 2 bons filets de saumon
  • 2-3 cuillers à café de graines de carvi (6-7 bonnes pincées de graines de cumin pour moi)
  • 2 cuillers à café de gingembre hâché (1/2 cuiller à café de gingembre en poudre, mais on peut en mettre plus)
  • 2-3 cuillers à soupe de parmesan rapé (5 cuillers pour moi)
  • 2-3 oeufs (j’en ai mis deux)
  • 25 cL de crème légère
  • un peu d’huile de pépin de raisin (huile d’olive: on fait avec ce qu’on a !)

Faites fondre les blancs de poireau dans un peu d’huile avec le gingembre. Ajoutez le saumon coupé en dés et une partie des graines de carvi (ou de cumin) en fin de cuisson.

Battez les oeufs, ajoutez la crème et le parmesan (j’ai ajouté un peu de lait car il me manquait un peu de crème).

Disposez la fondue de poireaux au saumon dans un plat à gratin et recouvrez de l’appareil. Passez au four pendant une demi-heure (je rappelle que mon four – à gaz – n’a ni thermostat ni indication de température. Je dirais à four moyen mais pas trop chaud).

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